Marie, Mère de l'Eglise dans la foi et dans la culture

La mariologie des trois derniers papes, par le P. Perrella

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Antonio Gaspari
Traduction d'Océane Le Gall

ROME, mardi 11 septembre 2012 (ZENIT.org) – Le 23ème congrès international de mariologie, organisé par l’Académie pontificale mariale internationale (PAMI), a été marqué le 5 septembre 2012, par une intervention du directeur de la Faculté pontificale de Théologie « Marianum », le P. Salvatore Perrella, osm, qui a expliqué la mariologie des trois derniers pontificats.

« La mariologie depuis le Concile Vatican II. Réception, bilan et perspectives » était le thème du congrès  qui s’est achevé dimanche dernier, 9 septembre 2012, après une semaine de travaux et une rencontre avec le pape à Castelgandolfo (cf Zenit du 5 septembre 2012 et Zenit du 10 septembre 2012).

Voici ce qu’a expliqué le directeur du Marianum: « C’est à moi que revient de présenter la contribution personnelle que les évêques de Rome ont apportée à la réception et à l’approfondissement de la doctrine mariale du Concile Vatican II, promulguée tout particulièrement au chapitre VIII de la constitution dogmatique Lumen gentium du 21 novembre 1964, grande charte de la doctrine de l’Eglise et de la réflexion théologique contemporaine sur la Mère de Notre Seigneur ». Le chapitre VIII de Lumen gentium fit verser beaucoup d’encre et suscita des débats animés, entre le courant ‘christotypique’ qui voulait souligner la dignité particulière de Marie comme Mère de Jésus et le courant ‘ecclesiotypique’ qui voulait au contraire que Marie ne soit qu’une partie de l’Eglise.

Selon le P. Perrella, « le Concile a choisi Marie comme collaboratrice de l’œuvre messianique du Fils et de sa fonction salvifique subordonnée mais efficace parce que le vécu de foi de Marie est singulier et intimement lié au caractère unique du mystère de Jésus, à une forme particulière d’être en Christ, c’est pour cela que Marie est Mère de l’Église ».

Le concile a voulu dire que Marie n’est jamais une alternative au Christ et que  sa dévotion doit faire partie intégrante d’une vision de foi, ce qui signifie reconnaître le caractère particulier de son rôle et de sa manière d’être avec Jésus-Christ.
Si l’on compte les documents, les interventions, les messages sur Marie publiés par les papes, on se rend compte qu’ils se sont incroyablement multipliés : Pie IX en a écrit 25, Léon XIII 56, Pie X 37, Benoît XV 30, Pie XI 309, Pie XII 470, Jean XXIII  501, Paul VI 315, et Jean Paul II 1600.

Dans son discours à la clôture du Concile Vatican II et dans la proclamation de la Mater ecclesiae Paul VI, le 21 novembre 1964, a dit: « C’est la première fois qu’un concile présente une synthèse aussi longue de la doctrine catholique sur la place que Marie occupe dans le mystère du Christ et de l’Eglise ». « La connaissance de la vraie doctrine catholique sur Marie, a-t-il ajouté, constituera toujours une clef pour la compréhension exacte du mystère du Christ et de l’Église ».

Dans l’exhortation apostolique Signum magnum Paul VI parlera de la parfaite harmonie avec le concile Vatican II selon lequel la piété envers Marie constitue pour l’Eglise « un devoir indiscutable et inéluctable ».

« Il s’agit, affirme le pape, d’un culte tout à fait singulier, demandé et fondé dans ses prérogatives théologiques, dont témoignent les textes bibliques, les saints pères et la constitution conciliaire Lumen gentium selon laquelle la Vierge est honorée par un culte spécial et spécialement liturgique ».

Le P. Perrella a indiqué le bienheureux Jean Paul II comme doctor marianus du temps actuel car « tout au long de son intense et riche magistère, la Vierge a été un des thèmes les plus récurrents et les plus aimés ».
Le cardinal Joseph Ratzinger, avant d’être élu pape, avait souligné pour sa part que « dans la mère du Rédempteur et dans la mariologie même se concentrent tous les thèmes de la foi ».

Par ailleurs, le directeur du Marianum a souligné que sous les pontificats de Paul VI, de Jean Paul II et aujourd’hui de Benoît XVI, et de manière particulière, dans le sillage de la doctrine du chapitre VIII de Lumen gentium, l’Eglise et son magistère ainsi que la théologie ont « remotivé et renouvelé de manière convaincante la mariologie, remettant au goût du jour et actualisant une procédure conforme à la soif actuelle de goûter à la beauté et à la vérité du mystère christique et trinitaire à l’intérieur duquel apparaît l’humble et splendide icône de la Mater domini ».

Pour le P. Perrella « le chapitre VIII de Lumen gentium a intégré Marie de Nazareth dans le mystère de Dieu trinitaire du Christ à partir de la Parole de la foi tenant compte, comme il se doit, de la Tradition vivante de l’Eglise, attentive à proposer une doctrine qui ne fasse pas grandir le désaccord mais suscite le consensus et un dialogue fraternel, dans la charité et la vérité, entre l’Eglise, les églises et les confessions chrétiennes ».

Le directeur de la faculté pontificale a réaffirmé que Marie est présente depuis le début dans le fait chrétien, en raison de sa personne et de son rôle, de sa signification pour la foi et pour la vie de foi. Elle est devenue, a-t-il insisté, « une partie inséparable du fait ecclésial, comme le montrent les deux mille ans d’histoire du christianisme lue et interprétée par la culture ».

Selon le P. Stefano de Flores, « la mère de Jésus n’est pas visible uniquement dans le dogme ou dans le culte de l’Eglise, mais comme élément significatif dans la dynamique culturelle des différentes époques ».

Le P. Perrella a enfin souligné que « la Vierge Marie influe sur la culture en la modifiant, la purifiant et l’enrichissant ».