Méditations de la Via Crucis : l’occasion d’aller au cœur de notre foi

Les méditations du cardinal Ruini

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ROME, Mercredi 31 mars 2010 (ZENIT.org) - Alors que des millions de personnes participeront - sur place ou à la télévision - au Chemin de Croix présidé par Benoît XVI au Colisée le Vendredi Saint 2 avril prochain, le cardinal Camillo Ruini a souhaité que les méditations écrites de sa main pour l'occasion permettent d'« entrer plus profondément dans le cœur de notre foi ».

L'ancien vicaire du diocèse de Rome et ancien président de la Conférence épiscopale italienne a été choisi cette année pour écrire les méditations qui ont déjà été publiées à près de 30 000 exemplaires par la Librairie Editrice Vaticane.

Interrogé par L'Osservatore Romano et Radio Vatican, le haut prélat a confié sa surprise lorsque le cardinal Bertone lui a demandé « d'écrire les textes du Chemin de Croix ». « J'ai spontanément cherché à m'esquiver : je pensais en effet ne pas être la bonne personne pour une telle tâche ».

Après une relecture des quatre Evangiles, a-t-il ensuite expliqué, « il m'a semblé clair que je devais simplement chercher à rendre, par des mots simples et directs, ce qui était concrètement arrivé à Jésus ce jour-là et la signification de cet événement. Une signification qui a, pour ainsi dire, plusieurs niveaux de profondeur ».

Le cardinal italien affirme avoir été guidé par l'idée formulée au début de la Constitution pastorale Gaudium et Spes : « En réalité, le mystère de l'homme ne s'éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné. (...) Nouvel Adam, le Christ, dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l'homme à lui-même et lui découvre la sublimité de sa vocation ».

Dans ces méditations, le cardinal Ruini confie ne pas faire « de références particulières » à la situation de l'Eglise en Italie, comme avaient pu le faire les années précédentes les cardinaux chinois et indien qui, dans leurs méditations, avaient évoqué les persécutions et difficultés rencontrées par leurs Eglises locales.

« Mes brèves méditations sur les stations du Chemin de Croix ne font allusion à aucune question spécifique, mais mettent en lumière, simplement en suivant le récit des Evangiles, ces trahisons qui ont particulièrement pesé sur les épaules et sur le cœur du Christ alors qu'il portait la croix : la trahison de Judas, l'abandon des disciples qui ont fui au moment de l'épreuve, le triple reniement de Pierre », explique-t-il. « En parcourant avec Jésus le chemin de croix, chacun de nous est appelé à regarder en face et avec sincérité ses propres péchés ».

Evoquant enfin le souvenir de toutes les fois où il a porté la croix durant cette Via crucis au Colisée, il a rappelé les dernières fois où Jean-Paul II avait pu faire le chemin de croix du Colisée au Palatin. « Arrivé à la dernière partie, c'est-à-dire à l'escalier plutôt endommagé qui mène au Palatin, il s'agrippait à la rampe avec force, souffrance et ténacité », affirmant sa « volonté de ne pas renoncer à suivre physiquement son Seigneur », se rappelle-t-il.

Interrogé enfin sur les scandales pédophiles, il a estimé qu'il s'agit d'un « moment de souffrance », déplorant un « esprit non seulement polémique mais qui voudrait éradiquer la confiance dans l'Eglise ». Il a insisté sur cette double souffrance : « souffrance pour les fautes des enfants de l'Eglise, en particulier des prêtres, et souffrance pour cette hostilité contre l'Eglise ».

Marine Soreau