Melkites catholiques : Les célébrations de l’année Saint-Paul

Des programmes à élaborer

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ROME, Mercredi 4 juin 2008 (ZENIT.org) - Le patriarche melkite catholique Gregorios III souhaite que l'année Saint-Paul soit célébrée par des programmes appropriés, spécialement à Damas.

Le Saint-Synode de l'Eglise grecque-melkite catholique a débuté ces travaux ce lundi 2 juin au siège d'été du patriarcat à Ain-Traz (Liban) par le discours d'ouverture de Sa Béatitude Gregorios III, en arabe et en anglais. Le patriarche avait été reçu par Benoît XVI au début du mois dernier.

Le Saint-Synode achèvera ses travaux samedi prochain, 7 juin 2008. Cette semaine de travail et de réflexion a pour thème central la formation des prêtres.

« Avant de souligner les différents objectifs et sujets du Synode, disait le patriarche, je voudrais souligner l'importance de la célébration de l'année Saint-Paul, dans toutes nos églises, éparchies et paroisses. C'est pourquoi nous nous aiderons mutuellement ainsi que les fidèles confiés à nos soins, pour avoir une compréhension plus profonde des enseignements de ce grand Apôtre parce que ce sont des paroles de vie, des paroles pour toutes les circonstances de la vie ».

Le patriarche a spécialement insisté sur la célébration de cette année dans la ville de Damas, la capitale syrienne, qui est aussi, rappelait-il, « la capitale de la culture arabe de l'année 2008 ».

Or, faisait-il observer, saint Paul embrasse l'histoire du christianisme dans cette ville et est considéré comme « une pierre angulaire culturelle de la civilisation » et de « notre héritage religieux ».

« Cette ville de Damas où réside notre siège patriarcal antiochien, est l'héritier, soulignait le patriarche Gregorios III, du grand siège patriarcal d'Antioche, cette Antioche appelée la grande cité de Dieu, qui a été la capitale de l'empire romain d'Orient, et, plus encore, capitale de l'Orient chrétien et première éparchie après Jérusalem, cité de la résurrection ».

« C'est dans cette ville, rappelait-il, que les disciples de Jésus Christ ont été appelés pour la première fois chrétiens, un nom qui l'a emporté sur tout autre nom, ethnie ou dénomination ».

Il invitait donc les Melkites à « revenir à ce nom très beau, béni, universel, qui inclut tous les chrétiens, indépendamment de leurs rites, ethnies, pays et nations, et en dépit des différentes querelles qui ont historiquement existé entre eux : Antioche doit revenir ! »

Il faisait observer qu'il existe aujourd'hui « quatre successeurs qui portent le titre d'Antioche, et qui représentent les chrétiens les plus inculturés dans l'Orient arabe, avec sa culture, sa civilisation, son histoire, et une pluralité de communautés chrétiennes et musulmanes, dans leur variété ethnique ».

« Cette Eglise d'Antioche, Eglise de l'Orient chrétien, doit reprendre son rôle de leader de la foi, dans un sens spirituel, pastoral et culturel, et même d'une façon économique, politique et sociale », a déclaré le patriarche.

Il disait son espérance que « ces éparchies soient capables de préparer des programmes adaptés pour stimuler la sainte foi, à l'occasion de l'année Saint-Paul », et que peut-être le synode apporte déjà des suggestions d'initiatives.

La formation des séminaristes

Le patriarche a par ailleurs annoncé que les prêtres de Terre-Sainte pourraient désormais être formés au grand séminaire patriarcal.

« Il n'y a pas besoin de souligner, disait le patriarche, l'importance de la formation des prêtres, dans les congrégations religieuses ou au séminaire patriarcal Sainte-Anne à Rabweh, qui reçoit les candidats au sacerdoce de toutes les éparchies de nos pays. Nous espérons qu'à l'avenir, les candidats au sacerdoce de Terre Sainte pourront aussi rejoindre ce séminaire. Nous prions et supplions le Seigneur : « Envoie des ouvrier à ta vigne, Seigneur. Donne-nous de saints prêtre, car la sainteté résume tout ce qui est béni pour la vocation sacrée au sacerdoce ».

Le Liban a un président

Dans son mot d'ouverture, dit en arabe, le patriarche a aussi évoqué les crises du Proche-Orient et en particulier la situation au Liban. Il a dit avoir fait part au pape Benoît XVI de sa préoccupation, au cours d'une audience, le 8 mai dernier, au début de la visite ecclésiale de Grégorios III à Rome.

Gregorios III a exprimé notamment sa « joie » de voir le Liban avec un président de la République après près de 6 mois de vacance.

Le patriarche a exprimé au général Michel Sleiman tous ses vœux pour son mandat et il l'a remercié pour le discours qu'il a prononcé lors de sa prestation de serment.

Le patriarche melkite y a vu en effet « un programme clair pour un retour à la paix et à la stabilité ». Il l'a résumé par « un appel à tous ses enfants de la diaspora : le retour à la Mère-Patrie est une obligation ».

Anita S. Bourdin