« Merci Benoît XVI pour l’appel pour la paix au Togo »

Fides fait le point de la situation

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ROME, Lundi 2 mai 2005 (ZENIT.org) – « Merci Benoît XVI pour l’appel pour la paix au Togo », déclarent à l’agence vaticane Fides des sources locales du Togo.



« Nous sommes reconnaissants envers le Pape Benoît XVI qui a rappelé le Togo dans le message du « Regina Caeli » du dimanche 1er mai. Nous avons confiance dans sa prière et dans son intervention auprès des puissants du monde, pour que le Togo retrouve la voie de la paix et de la démocratie », déclarent ces sources.

Mais elles ajoutent: « C’est vrai, il n’y a pas d’affrontements dans les rues, mais la tension est toujours très grande et les gens ont peur. Les militaires continuent en effet à tuer les opposants au régime ». Et de préciser: « Pour la seule journée d’hier, dans une localité à la frontière avec le Bénin, 14 personnes ont été tuées ».

« Le risque de guerre civile est toujours plus actuel. On se demande ce qui se passera quand on publiera officiellement les résultats définitifs des élections présidentielles du 24 avril. S’ils confirment la victoire du candidat du régime, M. Faure Gnassingbé Eyadéma (fils du défunt président, ndlr), l’opposition pourrait déclencher de nouvelles violences, et cette fois, les manifestants pourraient être armés. Jusqu’à présent, les armes n’ont été utilisées que par les militaires. Les manifestants avaient tout au plus des bouteilles incendiaires et des armes tranchantes. Mais le Togo se trouve depuis des années au centre de trafics d’armes dont la destination finale est les pays voisins. Mais cette fois, les armes pourraient être utilisées ici », continuent ces témoins.

Des observateurs déclarent en outre, ajoute Fides, que l’armée elle-même est divisée, comme l’a montré le résultat des urnes qui a vu les militaires de rang inférieur voter en masse pour l’opposition (cf. agence Fides 29 avril 2005), et une éventuelle déchirure des forces armées risque de jeter le pays dans le chaos.

« Le blocus des informations se poursuit : les accès à Internet sont fermés, mais aussi plusieurs radios qui ne sont pas liées au pouvoir, dont « Radio Maria ». L’Eglise catholique elle-même subit de fortes pressions. Les commissions « Justice et Paix » de plusieurs paroisses togolaises, qui avaient organisé des groupes de surveillance des élections, ont subi des attaques de la part de la presse proche du gouvernement », dénonçaient ces interlocuteurs anonymes, par sécurité.