Message de Noël du patriarche latin de Jérusalem

« Le cadeau de Noël le plus attendu est celui de la paix en Terre Sainte »

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ROME, mercredi 23 décembre 2009 (ZENIT.org) -  « Nos rêves pour une réconciliation en Terre Sainte semblent être une utopie, néanmoins notre espérance est toujours vivante », déclare le Patriarche de Jérusalem, Sa Béatitude Mgr Fouad Twal, dans son message de Noël 2009,  présenté mardi matin aux journalistes dans une conférence de presse.

« Les Palestiniens n'ont toujours pas d'Etat, le statut de Jérusalem est encore en discussion, les Israéliens vivent dans une grande peur », commence par souligner le Patriarche dans une série de constats réalistes.

« Malgré les louables efforts déployés par les politiques et les hommes de bonne volonté pour trouver une solution au conflit en cours, nous tous, Palestiniens et Israéliens, avons échoué à faire advenir la paix », souligne d'emblée Mgr Fouad.

Mais si «  la réalité est un démenti à nos rêves », a poursuivi le Patriarche latin,  il faut voir aussi en cette année écoulée des signes encourageants comme «  le gel partiel de la colonisation, la générosité de la communauté internationale, la visite de Benoît XVI, les projets de construction du patriarcat latin, la convocation d'un synode pour le Moyen Orient, et la béatification de Sr Marie Alphonsine ».

Mais  « le cadeau de Noël le plus attendu  demeure celui de la paix », a confié le Patriarche aux journalistes durant la conférence de presse.

Un cadeau que « tous les habitants de cette Terre, israéliens comme palestiniens, désirent le plus, par-dessus l'argent et la richesse », a-t-il écrit dans son message, ajoutant que  «  la paix est un don de Dieu aux hommes de bonne volonté. Nous avons à la mériter ».

Aux journalistes qui lui ont demandé s'il n'était pas las d'attendre cette paix, rapporte la Custodie de Terre Sainte dans un communiqué publié sur son site, le patriarche a répondu : « Si moi, le Patriarche, je perds espoir alors comment rendre l'espérance contagieuse ? Nous n'avons pas le droit d'être fatigué, ni de ne pas croire, ni de baisser les bras. » 

De nombreuses autres questions lui ont été posées, poursuit le communiqué, notamment sur « les négociations entre le Saint Siège et l'Etat d'Israël, la situation de Gaza et des chrétiens de cette région ».

Concernant l'exode des chrétiens qui se poursuit, le patriarche a souligné  combien il est important de « les aider à prendre conscience de l'importance d'être sur place, de leur témoignage sur place ».

Tout en disant comprendre qu'après plus de 60 ans de conflits et sans perspective de paix, ils choisissent d'émigrer, il rappelle que  «  leur présence est une mission, une vocation » et que « chaque mission comporte sa part de difficulté ».

«  Ailleurs vous pourrez trouver tout ce à quoi vous aspirez, mais vous ne trouverez pas d'autre Terre Sainte, vous ne trouverez pas vos racines qui sont ici et seulement ici », a-t-il dit à leur intention. Pour Mgr Fouad Twal, les chrétiens de Terre Sainte « doivent être conscients de ce privilège. »

Autre sujet abordé durant la conférence de presse, la convocation du synode pour le Moyen Orient, du 10 au 24 octobre 2010 à Rome, le patriarche précisant aux journalistes que c'est « après avoir vu les problèmes de Jérusalem, les divisions, les séparations que le Saint Père a pris cette décision ».

« C'est encore difficile de savoir ce que nous pourrons en tirer mais nous allons mettre tout notre cœur dans ce synode et demander à toutes les communautés de s'investir », a-t-il garanti.

A l'issue de la conférence de presse du Patriarche, Mgr Giacinto Boutros Marcuzzo, évêque auxiliaire et vicaire patriarcal pour Israël du patriarcat latin de Jérusalem, chargé en particulier de Nazareth,  a pris la parole pour entretenir la presse des récentes découvertes archéologiques faites à Nazareth, dans le futur Centre Marie de Nazareth construit par la communauté française du Chemin neuf.

 Il s'agit des restes d'une très vieille maison datant de l'époque de Jésus qui, a-t-il précisé, confirme « ce que nous savions déjà et complète les informations bibliques, historiques déjà en notre possession ».

Isabelle Cousturié