Mexique: changer d'attitude envers les migrants et les réfugiés

Mexique - Saint-Siège, sur la mobilité humaine et le chômage (Texte intégral)

Rome, (Zenit.org) Pape François | 450 clics

"Un changement d’attitude envers les migrants et les réfugiés est nécessaire de la part de tous", redit le pape François à propos de l'émigration au Mexique.

Le pape François a adressé un message aux participants du « Colloque Mexique - Saint-Siège sur la mobilité humaine et le chômage », organisé par le ministère des Affaires étrangères du Mexique et l’ambassade du Mexique près le Saint-Siège, qui s’est tenu du 12 au 15 juillet à Mexico.

Voici notre traduction intégrale du message du pape.

A.B.

Message du pape François

Je désire saluer les organisateurs, les intervenants et les participants au « Colloque Mexique – Saint-Siège sur la mobilité humaine et le chômage ».

La globalisation est un phénomène qui nous interpelle, surtout dans l’une de ses manifestations principales qu’est l’émigration. C’est l’un des « signes » de notre temps qui nous rappelle les paroles de Jésus : « Et pourquoi aussi ne jugez-vous pas par vous-mêmes ce qui est juste ? » (Lc 12,57). Malgré le grand flux de migrants présent sur tous les continents et dans presque tous les pays, la migration est encore vue comme une urgence, ou comme un fait circonstancié et sporadique, alors qu’elle est désormais devenue un élément caractéristique et un défi de notre société.

C’est un phénomène qui est en soi porteur de grandes promesses ainsi que de multiples défis. De nombreuses personnes contraintes à l’émigration souffrent et, souvent, meurent tragiquement ; beaucoup de leurs droits sont violés, elles sont obligées de se séparer de leurs familles et, malheureusement, elles continuent de faire l’objet de comportements racistes et xénophobes.

Face à une telle situation, je redis ce que j’ai déjà affirmé dans le Message pour la Journée mondiale du migrant et du réfugié de cette année : « un changement d’attitude envers les migrants et les réfugiés est nécessaire de la part de tous ; le passage d’une attitude de défense et de peur, de désintérêt ou de marginalisation – qui, en fin de compte, correspond à la « culture du rejet » – à une attitude qui ait comme base la « culture de la rencontre », seule capable de construire un monde plus juste et fraternel, un monde meilleur ».

Je tiens vivement, en outre, à attirer l’attention sur les dizaines de milliers d’enfants qui émigrent seuls, non accompagnés, pour fuir la pauvreté et la violence : c’est une catégorie de migrants qui, de l’Amérique du sud et du Mexique passent la frontière des États-Unis d’Amérique dans des conditions extrêmes, à la recherche d’une espérance qui, la plupart du temps, reste vaine. Leur nombre augmente tous les jours. Cette urgence humanitaire exige que l’on intervienne de façon prioritaire et urgente afin que ces mineurs soient accueillis et protégés. Cependant, de telles mesures ne sont pas suffisantes, si elles ne sont pas accompagnées de politiques d’information sur les dangers que présente ce genre de voyage et, surtout, de promotion du développement dans leurs pays d’origine. Enfin, il est nécessaire, face à ce défi, d’attirer l’attention de toute la Communauté internationale pour que puissent être adoptées de nouvelles formes de migration légales et sûres.

Je souhaite le plein succès de cette louable initiative du ministère des Affaires étrangères du gouvernement mexicain qui a bien voulu organiser un colloque d’étude et de réflexion sur ce grand défi de l’émigration et j’accorde de tout cœur à chacune des personnes présentes ma bénédiction apostolique.


Traduction de Zenit, Constance Roques