Mexique : L’Eglise demande que tout abus contre les immigrés soit dénoncé

De nombreux agents pastoraux victimes de menaces

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ROME, Mercredi 7 septembre 2011 (ZENIT.org) – Rendre visibles et dénoncer les abus, extorsions, vols et enlèvements subis par les migrants qui traversent le Mexique pour se rendre aux Etats-Unis, a été l’un des premiers objectifs du XIIème laboratoire national pour agents pastoraux de la mobilité humaine.

La rencontre, qui s'est déroulée sur le thème : « Pour une migration sans violence », convoquée par Mgr Rafael Romo Muñoz, archevêque de Tijuana et responsable de la pastorale de la mobilité humaine (PMH) de la Conférence épiscopale mexicaine (CEM), a eu lieu du 29 août au 2 septembre, à Juchitán, Oaxaca, et a réuni plus de 100 agents de pastorale travaillant pour la défense des migrants.

Les participants ont pu échanger leurs expériences sur la déplorable spirale de violence que subissent les migrants, surtout du centre et du sud de l’Amérique, qui arrivent au Mexique sans papiers et cherchent à rejoindre la frontière nord du pays.

Au cœur des travaux également, les conditions risquées auxquelles sont confrontés, ces dernières années, les défenseurs des droits de l’homme dans leur travail.

Les responsables de la pastorale de la mobilité humaine ont déploré que dans un pays de migrants comme le Mexique, qui a « exporté » plus de 12 millions de compatriotes aux Etats-Unis, puisse s’enraciner une xénophobie qui arrive à se traduire en agressions contre les migrants.

La religieuse Leticia Gutiérrez Valderrama, secrétaire exécutif de la PMH, a insisté pour sa part sur les attaques permanentes dont sont victimes les agents de la pastorale des migrations : « Nous travaillons dans des conditions dangereuses, sous les menaces de mort du crime organisé et sans que l'État mexicain ne prenne de mesures de sécurité », a-t-elle révélé.

Pour cette raison, il a été question, durant la rencontre, de créer des mécanismes de protections pour les quelques 500 défenseurs des droits humains des migrants qui travaillent dans 55 foyers présents dans le pays.

De même a été signalé que ce climat de menaces de mort contre les agents de la pastorale des migrations a conduit la Commission interaméricaine pour les droits de l’homme et la Commission nationale des droits humains (CNDH) à prendre une quinzaine de mesures de précaution pour sauvegarder d’une certaine façon l’intégrité de ces agents.

Gilberto Hernández García