Mgr Filoni rencontre au nom de Benoît XVI des blessés irakiens

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ROME, Vendredi 19 novembre 2010 (ZENIT.org) - Benoît XVI a voulu manifester sa proximité et son affection aux chrétiens d'Irak blessés lors du tragique attentat de Bagdad, le 31 octobre dernier. Mgr Fernando Filoni, substitut pour les affaires générales de la secrétairerie d'Etat, s'est rendu hier à la Polyclinique Gemelli de Rome pour les rencontrer au nom du pape.

Dans une interview à Radio Vatican, Mgr Filoni a évoqué cette rencontre émouvante, et a rappelé l'importance de la prière - « réalité efficace » - pour soutenir la communauté chrétienne irakienne.

Mgr Filoni a rappelé que cette rencontre avait été voulue par le pape qui, à travers lui, avait voulu « manifester sa proximité, sa présence, son affection et naturellement suivre aussi personnellement ces cas et chacune de ces personnes présentes à Rome : il s'agit d'environ 36-37 personnes plus les accompagnateurs ».

« La rencontre a été très chaleureuse, affectueuse ; j'ai salué la majeure partie de ces personnes personnellement, j'ai écouté leur histoire, leurs difficultés et aussi leurs fortes émotions, ce qui est compréhensible », a-t-il ajouté. « Cela a été un moment très émouvant, même pour moi ». « Il y avait de leur part beaucoup de gratitude du fait que le Saint-Père ait pris soin d'eux, et aussi l'espoir que le pape lui-même puisse les rencontrer personnellement ».

Interrogé sur l'importance de la mobilisation pour protéger la minorité chrétienne en Irak, le haut prélat a estimé qu'il était difficile de dire si elle avait été suffisante ou non. « Devant des situations comme celle que nous avons vécu le 31 octobre à Bagdad, tout semble peu, parce que face au drame de ces plus de 50 personnes massacrées, le choc, tout semble relatif ».

« Le Saint-Siège est très engagé avec les gouvernements, il est engagé avec les organisations caritatives qui se mobilisent, avec les conférences épiscopales », a-t-il expliqué. « Nous avons aussi reçu des aides, des lettres de solidarité de la part des Eglises orthodoxes », de la part « d'autorités diplomatiques et de gouvernements ».

« Cela bouge », a-t-il insisté. « Nous espérons que cela, naturellement, donnera aussi des résultats. La situation en ce moment en Irak est très délicate et difficile ».

Mgr Filoni, qui a longtemps été nonce apostolique en Irak, a enfin rappelé l'importance de la prière pour soutenir les chrétiens d'Irak.

« Parfois, face à tant d'impuissance, nous savons que la puissance spirituelle, celle de Dieu, est un appui formidable », a-t-il affirmé. « Les Irakiens eux-mêmes ont demandé : ‘Dans cette situation difficile, nous voulons que nos frères chrétiens prient pour nous, nous soient proches par la prière et par leur affection' ».

« Je peux dire aussi que quand j'étais moi-même à Bagdad et qu'il y avait la guerre, je n'ai jamais senti si proche, si forte, presque palpable, la prière qui s'élevait de toute l'Eglise pour la paix. La prière est donc une réalité efficace ».

Le substitut de la secrétairerie d'Etat a évoqué la messe qui sera célébrée le 25 novembre dans la basilique Saint-Pierre pour les prêtres et les fidèles syro-catholiques victimes du massacre de la cathédrale Notre Dame du Perpétuel Secours de Bagdad. « Certaines des victimes de l'attentat du 31 octobre m'ont déjà dit vouloir être présentes, apportant avec elles des photos et des souvenirs de leur famille, de leurs victimes ».

Il a enfin souhaité que « l'Irak puisse trouver le vrai chemin vers la vie en commun, le respect réciproque ». « C'est l'attente de nombreux Irakiens chrétiens qui, même s'ils ont dû abandonner leur maison, leur pays, ont quand même une espérance », a-t-il observé. « Si cela arrive, je suis convaincu que de nombreux chrétiens ne manqueront pas de penser à retourner dans leur pays, à leurs origines, proches de leurs parents et sur leur terre. Ce sera non seulement une espérance mais aussi une réalité ».

Marine Soreau