Mgr Sarah déplore l’importation en Afrique de la « théorie du genre »

Intervention du secrétaire du dicastère missionnaire

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ROME, Jeudi 8 octobre 2009 (ZENIT.org) - Mgr Sarah déplore l'importation en Afrique de la « théorie du genre », car, au contraire, « dans la culture africaine, l'homme n'est rien sans la femme et la femme n'est rien sans l'homme ».

Mgr Robert Sarah, archevêque émérite de Conakry et secrétaire de la Congrégation romaine pour l'évangélisation des peuples est intervenu mercredi après-midi, 7 octobre, lors de la session générale du synode.

« La théorie du genre est une idéologie sociologisante occidentale des relations hommes-femmes, qui s'attaque à l'identité sponsale de la personne humaine, à la complémentarité anthropologique entre l'homme et la femme, au mariage, à la maternité et à la paternité, à la famille et à la procréation », a déploré Mgr Sarah, car « elle est contraire à la culture africaine et aux vérités humaines éclairées par la Révélation divine en Jésus Christ ».

L'idéologie du genre, a expliqué Mgr Sarah, « sépare le sexe biologique de l'identité masculine ou féminine en affirmant que celle-ci n'est pas intrinsèque à la personne mais qu'elle est une construction sociale ».

Et de développer ce qu'implique cette théorie : « Cette identité peut - et doit - être déconstruite pour permettre à la femme d'accéder à une égalité de pouvoir social avec l'homme et à l'individu de "choisir" son orientation sexuelle », « les relations hommes-femmes seraient gouvernées par une lutte de pouvoir ».

Le secrétaire du dicastère missionnaire voit là une « idéologie irréaliste et désincarnée », qui « dénie le dessein de Dieu » en affirmant qu'au départ les individus sont « indéterminés » et que « c'est la société qui façonne le genre masculin et féminin au gré des choix changeants de l'individu ».

Derrière une telle théorie, il y a, souligne Mgr Sarah, l'affirmation du « droit de choisir » comme « la valeur suprême de cette nouvelle éthique », l'homosexualité devenant « un choix culturellement acceptable », et « l'accès à ce choix » devant être « promu ».

Mgr Sarah souligne aussi les conséquences juridiques : « La nouvelle idéologie est dynamique et s'impose à la fois aux cultures et aux politiques. Elle exerce une pression sur le législateur pour qu'il prescrive des lois favorables à l'accès universel aux informations et aux services contraceptifs et abortifs (concept de "santé reproductive") ainsi qu'à l'homosexualité ».

Or, la culture africaine est foncièrement opposée à une telle conception, fait observer l'archevêque de Guinée-Conakry : « Dans la culture africaine, l'homme n'est rien sans la femme et la femme n'est rien sans l'homme ».

« L'un et l'autre, explique-t-il, ne sont rien si l'enfant n'est pas au centre de la famille, constituée par un homme et une femme et cellule de base de la société ».

C'est pourquoi « l'idéologie du genre déstabilise le sens de la vie conjugale et familiale que l'Afrique a su préserver jusqu'à présent ».

Mgr Sarah déclare que « la société a besoin de vérité dans les relations », car il n'y a « pas de paix, pas de justice, pas de stabilité dans la société sans famille, sans coopération entre l'homme et la femme, sans père et sans mère ».

L'archevêque entrevoit la violence qu'introduit cette théorie dans la société en disant : « Au nom de la non-discrimination, cette idéologie crée de graves injustices et compromet la paix », avertit Mgr Sarah.

« L'Afrique, demande-t-il, doit se protéger de la contamination du cynisme intellectuel de l'Occident. Il est de notre responsabilité pastorale d'éclairer la conscience des africains quant aux dangers de cette idéologie meurtrière »