Mgr Veglio évoque une Europe qui a étouffé ses racines chrétiennes

Il intervient à la rencontre internationale pour la paix de Munich

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ROME, Mercredi 14 septembre 2011 (ZENIT.org) –En méconnaissant ses racines chrétiennes, l’Europe se trouve dans l’impossibilité de permettre « une réelle intégration des immigrés », a expliqué Mgr Antonio Maria Veglio, président du Conseil pontifical pour les migrants et les personnes en déplacement, lors d’une table ronde sur le thème « immigration : destinés à vivre ensemble ».

Intervenant le 12 septembre à la rencontre internationale de prière pour la paix organisée à Munich par la communauté Sant’Egidio et l’archidiocèse de Munich et Freising sur le thème « Destinés à vivre ensemble. Religions et cultures en dialogue », le prélat a insisté surl’importance du dialogue et de l’éducation pour la promotion de l’interculturalité.

« Interculturalité » : un terme préféré à celui de « multiculturalité », a-t-il expliqué, et qui insiste « sur les attitudes, les objectifs à atteindre et sur les itinéraires éducatifs qui conduisent à cette rencontre des cultures ».

« Le dialogue est le canal le plus important », a-t-il commenté, si bien que Benoît XVI, en référence à l’environnement européen, a affirmé que « le thème du dialogue interculturel et interreligieux émerge comme une priorité pour l’Union européenne et intéresse de manière transversale les secteurs de la culture et de la communication, de l’éducation et de la science, des migrations et des minorités jusqu’à rejoindre les secteurs de la jeunesse et du travail ».

Toutefois, Mgr Veglio évoque « un grand problème » qui se pose : « dans l’intention d’accueillir des personnes de différentes cultures et/ou religions et d'établir un dialogue constructif avec eux, l’Europe a étouffé les principes et les valeurs qui ont marqué sa naissance et l’ont modelée ».

« Ainsi le continent européen a passé sous silence et, peut-être, a méconnu ses racines chrétiennes », a-t-il déploré. « Cela empêche un accueil adapté et une réelle intégration des immigrés qui viennent d’autres contextes culturels puisqu’il est impossible d’établir un dialogue avec une terre qui semble dépourvue de physionomie et d’histoire, sans principes communs ni valeurs fondamentales ».

« A une identité fanée s’ajoute une acceptation des migrants réalisée de manière passive et justifiée par un désir irénique de tolérance », a-t-il ajouté.

Pour le prélat, le deuxième instrument indispensable est la formation. « Dans ce domaine, il est plus que jamais nécessaire que les modèles éducatifs se renouvellent pour être capables d’offrir des réponses adaptées aux défis actuels ».

« Il s’agit surtout – a-t-il expliqué – d’enseigner à respecter et apprécier les différentes cultures en découvrant les éléments positifs qu’elles peuvent cacher ; d'aider à changer les comportements de peur et d’indifférence envers la diversité ; instruire à l’accueil, à l’égalité, à la liberté, à la tolérance, au pluralisme, à la coopération, au respect, à la co-responsabilité et à la non discrimination ».

Une formation interculturelle qui doit impliquer ceux qui appartiennent à la culture majoritaire comme les membres des minorités.

« Je suis convaincu – a-t-il conclu – comme l’affirme l’exhortation apostolique Ecclesia in Europa, qu’‘une convivialité pacifique et un échange des richesses intérieures réciproques rendront possible l'édification d'une Europe qui sache être la maison commune, où chacun puisse être accueilli, où nul ne fasse l'objet de discrimination, où tous soient traités et vivent de façon responsable comme membres d'une seule grande famille’ ».

« Est-ce une utopie ? Peut-être », a affirmé Mgr Veglio. « Mais le chrétien doit y croire et s’engager pour que l’utopie devienne réalité ».

Marine Soreau