Mieux vaut une Eglise "accidentée" plutôt que "malade"

Message du pape aux évêques argentins

Rome, (Zenit.org) | 1516 clics

Mieux vaut une Eglise "accidentée" plutôt que "malade", explique le pape François dans un message aux évêques d’Argentine réunis en assemblée plénière.  

Avec « un brin d’humour », note Radio Vatican, le pape leur demande d'excuser son absence: il est empêché de venir par « des tâches assumées récemment ». Il conclut en invitant à prier pour lui afin qu'il « évite de s’enorgueillir et sache écouter la volonté de Dieu et non la sienne ».

Mais surtout, il rappelle la nécessité de l’engagement missionnaire car « une Eglise qui ne sort pas d’elle-même, tôt ou tard tombe malade dans l’atmosphère viciée des pièces dans lesquelles elle s’est enfermée ».

En ce sens, il réitère son « leitmotiv », exhortant à « sortir de soi, pour aller vers les périphéries existentielles ».

Et s’il est vrai « qu’il peut arriver à une Eglise qui "sort" ce qui peut arriver à une personne lorsqu’elle se trouve dans la rue : avoir un accident », le pape affirme « franchement » : « Je préfère mille fois une Eglise accidentée à une Eglise malade ».

Il diagnostique cette « maladie » de l’Eglise enfermée comme « l’autoréférentialité » dont il décrit les symptômes: « Elle se contemple, elle se replie sur elle-même. Il s’agit d’une sorte de narcissisme qui nous conduit à la mondanité spirituelle et au cléricalisme sophistiqué et nous empêche donc de faire l’expérience de la douce et réconfortante joie d’évangéliser ».

Durant leur assemblée, les évêques argentins ont publié un communiqué intitulé « Justice, démocratie et constitution », dans lequel ils demandent au gouvernement « plus de temps, davantage de consultations, une analyse et un débat plus approfondis à propos des projets de loi cruciaux pour les institutions du pays », rapporte la même source.

Différents projets de loi sur des thèmes cruciaux pour la démocratie, tels que la réforme de l’autorité judiciaire, sont en effet actuellement en discussion au Parlement argentin, où le gouvernement tente de les faire approuver par une procédure qualifiée "d’express".

Mais la Conférence épiscopale estime "qu’en traitant rapidement les réformes significatives, on encourt le risque d’affaiblir la démocratie républicaine, établie par notre constitution, en ce qui concerne l’un de ses aspects fondamentaux, à savoir l’autonomie de ses trois pouvoirs".