Mille baptêmes dans une paroisse en un an: le modèle chinois

Ou le modèle de Jérusalem, par le card. John Tonh Hon

| 1193 clics

Anita Bourdin

ROME, mardi 9 octobre 2012 (ZENIT.org) – Mille baptêmes dans une paroisse en un an, c’est possible : le cardinal John Tonh Hon, archevêque de Hong Kong a cité un exemple de la campagne chinoise dans sa salutation à Benoît XVI au début de la première congrégation générale du synode.

Elle s’est tenue lundi, 8 octobre, au Vatican, en la salle du synode, après la prière de « tierce » et la méditation de Benoît XVI. Le cardinal chinois était président délégué du jour. La congrégation a rassemblé 256 pères synodaux (sur 262).

Le cardinal a invité à « prendre la Première communauté chrétienne comme modèle d’évangélisation », citant ses trois caractéristiques : enseignement (didache), communion (koinonia), service (diakonia).

«  Didache signifie, a-t-il expliqué, une doctrine, qui n’est pas seulement une théorie, mais plutôt une perception personnelle de l’incarnation, de la crucifixion, et de la résurrection de Jésus Christ ».

« Koinonia veut dire communion à différents niveaux: avec Dieu avant tout; puis avec le reste des membres de l’Église; et enfin avec le reste du monde, en particulier avec les pauvres », a précisé l’archevêque, avant d’ajouter : « Diakonia signifie service avec lequel Jésus nous enseigne à ne pas être servis mais à servir jusqu’à un don total de soi, menant ainsi jusqu’à la croix ».

Il témoigne que ces tris caractéristiques « se sont manifestées à Hong Kong, Macao et la partie continentale de la Chine ».


Les bienfaits de la « crise » de Hong Kong

Il a raconté les craintes suscitées par la restitution de Hong Kong à la République populaire : « À Hong Kong, avant le retour de la souveraineté de la ville à la Chine en 1997, de nombreuses familles ont subi des crises causées par la crainte de vivre sous le régime communiste. Le terme “crise” dans la langue chinoise est composé des deux idéogrammes “danger” et “opportunité” ».

Effectivement, cette « insécurité » a conduit des Catholiques non pratiquants à revenir vers l’Église, dans leur recherche d’un « soutien spirituel » : « beaucoup de fidèles ont participé à des cours de catéchisme et de théologie, ainsi qu’à des études bibliques afin d’approfondir leur propre foi et de devenir des évangélisateurs ».

Bilan chiffré: le diocèse compte plus de mille catéchistes « très bien formés ». En 2012, « plus de trois mille adultes » ont été baptisés lors de Veillée pascale. 


Il cite aussi l’exemple de Macao, qui a constaté « une augmentation du nombre de baptêmes ces dernières années ».


Une campagne en fleur                  

« En Chine du Nord, a encore raconté le cardinal Hon, un prêtre des campagnes a partagé avec moi son expérience de l’évangélisation. Après avoir beaucoup prié, il a décidé de diviser les paroissiens en deux groupes ayant deux différentes missions. Il a confié aux nouveaux baptisés la mission de convier leurs amis et les membres de leurs familles n’étant pas catholiques à apprendre la catéchèse; quant à ceux qui étaient catholiques depuis longtemps, leur mission a été d’enseigner le catéchisme aux catéchumènes ».

« Tout au long de cet enseignement, a-t-il précisé, ce prêtre a prié de façon très fervente dans son église. La paroisse a finalement été le témoin de plus de mille baptêmes en un an ».


le cardinal Hon a spécialement insisté sur l’enseignement en faisant observer que « de nos jours, confrontés à une culture matérialiste dans le monde, ainsi qu’au problème de nombreux catholiques qui désertent l’Église, nous devons être des témoins zélés de notre foi ».

Il recommande de prêter une « attention particulière aux jeunes », pour qu’ils soient « les évangélisateurs des autres jeunes ».

« Le plan salvifique de Dieu est incroyable. Je suis sûr que, grâce à la foi, à l’espérance et à l’amour, nous réussirons dans notre mission d’évangélisation », a conclu l’archevêque chinois.