Mines antipersonnel : le Vatican invite les Etats à signer la convention

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ROME, Mercredi 9 Décembre 2009 (ZENIT.org) - Le Saint-Siège a lancé un appel à tous les Etats « afin qu'ils reconnaissent les conséquences humanitaires déplorables des mines antipersonnel ».

Cet appel a été lancé par Benoît XVI dans un message signé du cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat, adressé à l'occasion de la deuxième conférence d'examen de la « Convention sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction ». Le Sommet de Carthagène s'est déroulé du 30 novembre au 4 décembre en Colombie. Le message du pape a été publié dans L'Osservatore Romano, dans l'édition des 7/8 décembre.

Les mines antipersonnel sont des engins explosifs déclenchés par la victime. Elles sont conçues pour être placées sous ou sur le sol et pour exploser à la proximité ou au contact d'une personne.

Dans ce message, Benoît XVI a souligné l'importance, « dans la politique comme dans l'économie ou dans le domaine du désarmement », de mettre « la personne au centre de nos préoccupations ». « Chaque fois que les objectifs se sont concentrés sur d'autres choses, le prix à payer pour les personnes et les peuples a été exorbitant, et ils l'ont payé par leur vie, leur développement et l'avenir de leurs familles et communautés ».

« La Convention sur les mines antipersonnel a été pionnière en ce domaine ». « Les victimes et leurs familles ont été au centre de notre attention et devraient continuer à l'être, non seulement afin de recevoir assistance, mais aussi en les considérant comme des interlocuteurs et des artisans dans l'obtention conjointe des objectifs de la convention ».

Pour le pape, « la paix et le développement sont inséparables, dans un monde toujours plus globalisé et interdépendant ». « Les uns ne peuvent profiter des bénéfices sans les autres, et encore moins au détriment des autres », a-t-il affirmé.

En cette période de crise, le Saint Père a jugé « indispensable de ne pas oublier notre devoir d'être solidaires, de partager et d'agir avec justice vis-à-vis des pays les plus touchés et les moins favoris ».

« L'expérience montre en effet que ces armes ont causé plus de victimes et de dommages parmi les populations civiles, qu'il faudrait défendre, que toutes celles qui ont servi pour défendre les Etats », a-t-il ajouté. « Les milliers de victimes qu'elles continuent à provoquer nous rappelle, au cas où il serait encore nécessaire de le répéter, la chimère de vouloir construire la paix et la stabilité avec une vision exclusivement militaire ».

Le pape a enfin exprimé « sa proximité à toutes les victimes, à leurs familles et aux pays touchés ». Il a également rappelé « le soutien sans réserve du Saint-Siège à tous ceux qui sont engagés dans le grand devoir de libérer notre monde des mines antipersonnel ». 

Ouvert aux signatures d'États à partir du 3 décembre 1997, la Convention sur l'interdiction de l'emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction  est entrée en vigueur le 1er mars 1999. La Chine, la Russie et les Etats-Unis sont membres de la Convention mais ne sont toujours pas signataires.

Marine Soreau