Mobilisation mondiale contre le trafic d'armes

Prise de position du Saint-Siège à l'ONU

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Anne Kurian

ROME, vendredi 27 juillet 2012 (ZENIT.org) – Le Saint-Siège redit sa ferme détermination contre le trafic d’armes, en appelant à une « sensibilisation publique » en faveur de la paix, pour lutter non seulement contre les « fournisseurs » d’armes illicites, mais aussi contre la « demande ».

Mgr Francis A. Chullikatt, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies à New-York, est intervenu au cours de la Conférence pour un traité sur le commerce des armes, qui a débuté le 3 juillet et se termine aujourd’hui, 27 juillet 2012 (cf. Zenit du 11 juillet 2012).

Mgr Chullikatt a souligné que l’objectif fondamental du traité n’est pas simplement « la régulation du trafic d’armes conventionnelles » mais c’est, par-dessus tout, « le désarmement du marché international illicite », qui a un « impact pernicieux sur le développement, la paix et les droits de l’homme ».

La conférence a donné lieu à de nombreux débats exprimant les divergences des pays participants. Le Saint-Siège, qui a « mis de côté certaines de ses préoccupations » dans le but « d’avancer » et de parvenir à « un traité efficace » et contraignant, espère que les autres pays feront de même « pour le bien commun de toute la société ».

Des programmes de sensibilisation

Le Saint-Siège assure qu’il « n’épargnera aucun effort » pour « mettre en œuvre et promouvoir des activités destinées à répandre une culture de paix et s’opposant à une culture de criminalité et de violence », notamment par « des programmes éducatifs et de sensibilisation publique ».

Pour le Saint-Siège, tous les Etats sont concernés et « responsables » : le traité doit « prévenir la prolifération d’armes illicites » par des « programmes éducatifs impliquant tous les secteurs de la société, y compris les organisations religieuses ».

En outre, le traité ne doit pas se focaliser sur « les fournisseurs » d’armes, mais aussi sur « les demandeurs » qui nourrissent souvent le marché illicite : il faut, explique Mgr Chullikatt, « réduire la demande d’armes » en promouvant une culture de paix.

Le traité doit aussi « établir des mécanismes pour entraver les transferts irresponsables », qui perpétuent les conflits et sont « utilisés contre les populations civiles », ajoute-t-il.

Le Saint-Siège appelle à une « assistance plus efficace » pour les victimes et à une « réduction du nombre des victimes » par la prévention des trafics : « chaque Etat qui le peut doit offrir assistance pour le soin, la réhabilitation et la réintégration sociale et économique des victimes du conflit armé, ainsi que pour promouvoir la sensibilisation publique », insiste-t-il.

Préconisations pour le traité

Pour le Saint-Siège, le traité devrait « rappeler parmi ses principes de base le respect pour la dignité et la vie humaine » : son critère d’application devrait toujours être « en référence aux droits de l’homme ». Pour cela, il doit privilégier un langage qui « limite les possibilités subjectives » d’abus politique, de corruption et de manipulation dans son interprétation.

Il devrait également être de « large envergure », en couvrant non seulement les 7 catégories d’armes conventionnelles définies par les Nations-Unies, mais aussi « des armes légère et de petit calibre ainsi que leurs munitions respectives, tout comme l’échange des technologies impliquées dans leur production ».

Le Saint-Siège invite à renforcer la coopération internationale entre les Etats en « améliorant les relations de confiance » et en soutenant les Etats pour lesquels l’amélioration de la transparence est plus difficile.

Le traité devrait enfin prévoir « des mécanismes de révision » dans le cas de futurs développements technologiques et « renforcer l’assistance aux victimes », conclut Mgr Chullikatt.