« Mobiliser » les forces pour une paix durable, appel de Benoît XVI

Mobilisation du Saint-Siège pendant le mois d’août

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ROME, Mercredi 16 août 2006 (ZENIT.org) – Le pape Benoît XVI continue d’appeler à une « mobilisation » des forces pour une paix durable au Moyen Orient.



Le pape a en effet accordé une interview en allemand le 13 août, à trois journalistes de la télévision publique bavaroise, la « Bayerischer Rundfunk » (ARD), de la télévision publique nationale ZDF, de la chaîne d’information allemande « Deutsche Welle » et de la rédaction allemande de Radio Vatican, réalisée par la « Bayerischer Rundfunk » et diffusée en Allemagne le 13 août à partir de 19 h 15.

A une question sur « les espoirs de paix au Moyen Orient » et l’influence du Saint-Siège », Benoît XVI répondait : « Naturellement nous n’avons aucune possibilité politique, et nous ne voulons aucun pouvoir politique. Mais nous voulons faire appel aux chrétiens et à tous ceux qui se sentent d’une manière ou d’une autre interpellés par la parole du Saint-Siège, afin que soient mobilisées toutes les forces qui reconnaissent que la guerre est la pire des solutions pour tous. Qu’elle n’apporte rien de bon pour personne, pas même pour ses apparents vainqueurs. Nous le savons très bien en Europe, après deux guerres mondiales. Ce dont tous ont besoin c’est la paix ».

Il ajoutait : « Et il y a une forte communauté chrétienne au Liban, il y a des chrétiens parmi les arabes, il y a des chrétiens en Israël, et des chrétiens du monde entier pour qui ces pays sont chers. Il y a des forces morales qui sont prêtes à faire comprendre qu’une solution est possible: nous devons vivre ensemble. Ces forces nous voulons les mobiliser: les politiques doivent trouver les moyens pour que cela puisse se réaliser le plus vite possible et surtout d’une manière durable ».

Lors de l’angélus pour la fête de l’Assomption, hier, 15 août, deuxième jour du cessez-le feu au Liban, le pape disait : « A la Reine de la paix, que nous contemplons dans la gloire céleste, je voudrais confier encore une fois les angoisses de l’humanité, pour chaque lieu du monde déchiré par la violence. Nous nous unissons à nos frères et sœurs qui en ces heures se recueillent au sanctuaire de Notre Dame du Liban à Harissa pour une célébration liturgique présidée par le cardinal Roger Etchegaray, qui s’est rendu au Liban en tant que mon Envoyé spécial, pour apporter le réconfort et une solidarité concrète à toutes les victimes du conflit et prier pour la grande intention de la paix. Nous sommes aussi en communion avec les pasteurs et la fidèles de l’Eglise en Terre Sainte, qui sont réunis en la basilique de l’Assomption à Nazareth, autour du représentant pontifical en Israël et en Palestine, Mgr Antonio Franco, pour prier aux mêmes intentions ».

Le pape mentionnait aussi les conflits au Sri Lanka et en Irak en disant : « Ma pensée se tourne aussi vers la chère Nation du Sri Lanka, menacée par l’aggravation du conflit ethnique ; vers l’Irak, où une épouvantable et quotidienne effusion du sang éloigne la perspective de la réconciliation et de la reconstruction. Que Marie obtienne pour tous des sentiments de compréhension, une volonté d’entente, et le désir de concorde ! ».

Lors de l’audience du 9 août, le pape lançait cet appel pour la paix au Moyen Orient en proposant à nouveau les paroles du pape Paul VI à l’ONU en octobre 1965 : « Jamais plus les uns contre les autres, non, plus jamais ! … Si vous voulez être des frères, laissez les armes tomber de vos mains ».

Benoît XVI ajoutait : « Face aux efforts en acte pour aboutir finalement au cessez-le-feu, et à une solution juste et durable du conflit, je répète, avec mon prédécesseur immédiat, le grand pape Jean-Paul II, qu’il est possible de changer le cours des événements lorsque prévalent la raison, la bonne volonté, la confiance dans l’autre, la mise en œuvre des engagements pris et la coopération entre partenaires responsables (cf. Discours au corps diplomatique, 13 janvier 2003). C’est ce que disait Jean-Paul II et ce qu’il a dit est aussi valable aujourd’hui, pour tous. A tous, je renouvelle m’exhortation à intensifier la prière pour obtenir le don de la paix si désiré » ;

Lors de l’angélus du 30 juillet, il disait en français : « Chers Amis francophones venus vous associer à la prière de l’Angélus, je vous salue cordialement. Avec l’intercession de la Vierge Marie, puisse le Christ, qui s’est fait notre nourriture, mettre au cœur de tous les hommes des désirs de paix et de concorde fraternelle. Demandons-lui instamment de faire le don de la paix à toutes les personnes qui vivent sur la terre où lui-même a vécu et dans toute la région du Proche-Orient. Que le Seigneur vous bénisse, ainsi que vos familles ».

D’autre part, sur le front diplomatique international, le Saint-Siège était représenté à Genève, le 11 août dernier, lors d’une session spéciale du Conseil pour les Droits humains de l’ONU sur la situation au Liban, par son observateur permanent, Mgr Silvano M. Tomasi.

Mgr Tomasi a pris la parole pour renouveler l’appel du pape Benoît XVI à un cessez-le-feu immédiat et pour demander que « soit assurée l’aide humanitaire aux populations martyrisées » et pour « insister sur la nécessité d’un dialogue qui tienne compte des droits de tous les Etats et de tous les peuples impliquées dans le conflit ». Le texte de l’intervention, en anglais, est publié par le bulletin quotidien de la salle de presse du Saint-Siège du 12 août.

Mgr Tomasi déplorait que la violence de ces dernières semaines ait entamé « le modèle prometteur de convivialité nationale construit au cours des siècles » au Liban. Un modèle important, disait-il, pour toute la région.

Il rappelait que le pape Benoît XVI a voulu réaffirmer que la paix est « un don de Dieu », qu’il est nécessaire d’arriver à un cessez-le-feu immédiat et d’entreprendre des « négociations raisonnables et responsables » pour combattre l’injustice dans la région.

Il citait la Déclaration universelle des Droits de l’homme qui désigne la paix comme condition préalable du respect de ces droits avant d’affirmer : « Le peuple libanais a droit à l’intégrité et à la souveraineté de son pays ; le peuple israélien a le droit de vivre en paix dans son propre Etat ; le peuple palestinien a droit à une patrie libre et souveraine ».

La communauté internationale, affirmait Mgr Tomasi ne saurait rester « indifférente ou neutre » et les solutions ne peuvent être « improvisées », et la loi ne peut sanctionner une situation obtenue par la seule « force » ; ce serait « fatal » non seulement pour toute la région mais pour le « monde ».

Le représentant du Saint-Siège concluait en rappelant la conviction du Saint-Siège « qu’une solution juste et durable ne peut être atteinte par le recours au terrorisme ou par un conflit armé, mais seulement par le dialogue qui est le chemin de la paix et de la protection des droits de l’homme ».

Alors qu’il achevait ses vacances dans le Val d’Aoste, Benoît XVI a lancé vendredi 28 juillet, un appel pour la paix au Proche-Orient (cf. Zenit 28 juillet). « Ne nous taisons pas. Faisons tout notre possible pour parvenir aux oreilles des puissants » a affirmé le pape avant de monter dans l’avion qui le ramenait à Rome. Selon Benoît XVI, « l’instrument principal » pour la paix, « est la prière ». « Il s’agit naturellement non seulement d’un cri vers Dieu mais aussi vers les hommes », a-t-il déclaré.

Rappelons également, toujours au niveau international, que le Saint-Siège était représenté le 26 juillet, en tant qu’observateur, lors de la conférence internationale sur le Liban qui s’est déroulée à Rome, par le secrétaire pour les Relations avec les Etats, Mgr Giovanni Lajolo (cf. Zenit, 26 juillet).

Le Saint-Siège soulignait les aspects positifs de la conférence internationale tout en affirmant qu’il souhaitait un cessez-le-feu immédiat.

« Une suspension immédiate des hostilités est possible : elle est donc un devoir », a affirmé Mgr Lajolo, dans un entretien accordé le lendemain à Radio Vatican (cf. Zenit 27 juillet, « Entretien » pour le texte intégral).

Enfin, le pape Benoît XVI avait invité à une journée de prière et de jeûne le 23 juillet, en faveur de la paix au Moyen Orient.