Montrer la richesse du mariage chrétien à travers le monde (I)

Les Equipes Notre-Dame : 60 ans de rayonnement progressif et accru

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ROME, Mardi 15 janvier 2008 (ZENIT.org) - « Vouloir suivre Jésus Christ à deux tout au long de sa vie, fortifiés par le sacrement du mariage et témoigner que le mariage pour toujours est possible, qu'il est chargé d'une dimension spirituelle et humaine qu'il faut faire grandir » : telles sont les finalités communes vers lesquelles tendent les quelque 50.000 couples des Equipes Notre-Dame à travers le monde.

Nous publions ci-dessous la première partie de cette enquête.

Le mois dernier, très précisément le 8 décembre, en la fête de l'Immaculée conception, les Equipes Notre Dame, présentes aujourd'hui dans 65 pays, ont fêté les 60 ans de leur Charte, à Paris. Un événement qui a pris une ampleur exceptionnelle : toute l'Equipe responsable internationale, représentant les équipes des cinq continents, était présente.

Soixante ans de développement et de rayonnement, en particulier auprès des jeunes foyers, pour que ce « choix de vivre de manière chrétienne son propre mariage soit vécu, non pas comme quelque chose qui se réalise et finit le jour du mariage mais qui commence ce jour-là et se développe dans les années de toute l'histoire conjugale », expliquent dans un entretien à ZENIT, Carlo et Maria Carla Volpini, responsables internationaux de ce mouvement axé sur la spiritualité conjugale.

« Le mouvement, soulignent-ils, veut aider les couples à découvrir leur sacrement et à en vivre pleinement, à entretenir un dialogue profond qui n'est pas seulement ‘communication' mais ‘confiance' et ‘partage' ».

Reconnaissant que ce principe est essentiel, mais pas toujours facile à appliquer, ils insistent sur l'importance qui est donnée à la prière, à l'approfondissement personnel, à la spiritualité, à l'intérieur du couple mais également entre couples.

Mais au travers d'une même charte, pour une même recherche, les fruits sont différents selon les réalités de chaque pays, soulignent encore les responsables internationaux Carlo et Maria Carla Volpini, rejoints par le père Angelo Epis, le conseiller spirituel international qui précise que le nombre des Equipes dans le monde est en augmentation constante, « signe que les gens sentent avoir besoin de l'amour et qu'ils sentent que l'amour conjugal est une exigence essentielle ».

Mais, selon le père Epis, « contrairement à jadis où les motivations des couples, vivant dans une société de toute façon chrétienne, attachée aux valeurs chrétiennes de l'Eglise catholique sur le mariage, étaient davantage liées à une recherche ‘provocatrice' vis-à-vis de l'Eglise pour qu'elle s'ouvre davantage à redécouvrir le sacrement du mariage, la richesse de l'amour conjugal, la sexualité, aujourd'hui, la demande des couples est presque inversée » ajoute le père Epis. « Ils demandent à l'Eglise qu'elle les aide à trouver les moyens de sauver leur mariage ».

« Le mariage est un chemin de sainteté » a rappelé pour sa part le père Paul-Dominique Marcovits, o.p, conseiller supérieur national et postulateur de la cause de béatification du père Henri Caffarel, fondateur des Equipes Notre-Dame, à l'homélie de la messe anniversaire des 60 ans de la Charte des END, le 8 décembre dernier.

« Pour suivre le Seigneur, il y a des choix à faire, des ruptures à opérer, des mises en route à entreprendre, et il faut aussi beaucoup d'amour », a-t-il déclaré, car on ne peut aimer Dieu et son conjoint « à moitié ».

Evoquant la pédagogie du père Caffarel, le père Marcovits a reconnu qu'« elle est forte, rude, exigeante » mais qu'elle n'est pas « un carcan ». « Ce qui fait la valeur d'un être, ce n'est pas l'altitude qu'il a atteint, mais l'élan », a-t-il rappelé.

C'est pour cela, ont confié à ZENIT Colette et Marin Voisin, responsables des Equipes pour la France, le Luxembourg et la Suisse, qu'il est indispensable de « s'entraider entre couples, de cheminer ensemble pour s‘assouplir' chaque jour, de prendre le temps de s'asseoir ».

A une question sur les défis de leur région, Colette et Marin Voisin signalent l'entrée chaque année de 80 à 100 nouvelles équipes qui oblige à des efforts d'adaptation de part et d'autre. « Continuer dans la différence pour grandir ensemble », est le défi numéro un dans une région, un pays, où aujourd'hui les couples changent très souvent de lieu de résidence.

« Notre vrai défi c'est que ces couples divers s'acceptent et s'enrichissent dans une même équipe », expliquent Colette et Marin Voisin, responsables d'une région où , précisent-ils, « 40 % des couples sont soit des pratiquants très investis, exigeants, soit des couples qui après des temps plus ou moins longs se sont un peu éloignés de l'Eglise ».

Il est donc important, poursuivent-ils « de rester attentifs pour être compris de tous, en particulier des jeunes générations, d'utiliser un vocabulaire simple et une pédagogie adaptée ».

Isabelle Cousturié

Fin de la première partie