Moyen-Orient : Au moins deux nouvelles raisons d’espérer, selon Mgr Twal

Entretien avec le coadjuteur du Patriarcat latin de Jérusalem

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ROME, Mardi 29 août 2006 (ZENIT.org) – « Prétendre une solution globale des nombreux problèmes ouverts au Moyen-Orient »: c’est avec cette affirmation que débute l’interview accordée hier lundi à l’agence missionnaire italienne Misna par Mgr Fouad Twal, évêque coadjuteur du Patriarcat latin de Jérusalem, en marge des travaux en cours à Assise dans le cadre de la IVème Semaine nationale de formation et de spiritualité missionnaire.



Misna : A en juger par vos dernières déclarations faites justement en Italie à l’agence de presse Ansa, il semble que nous allons vers une solution globale des nombreux problèmes qui affligent aujourd’hui le Moyen-Orient. Est-ce réaliste de l’espérer ?

Mgr Twal :Nous pouvons espérer, nous pouvons prétendre aujourd’hui une solution globale des nombreux problèmes ouverts au Moyen-Orient! Il y a au moins deux nouvelles raisons qui nous permettent de l'espérer: la première est l’intervention de l’Europe. Jusqu’ici, la question du Moyen-Orient avait toujours été l’apanage exclusif d’Israël, de la Grande-Bretagne et des États-Unis. Aujourd’hui, grâce aux pressions de l’Italie, l’Europe joue un rôle actif dans la résolution de la crise. Nous, Moyens-Orientaux, avons davantage confiance en l’Europe qu’aux puissances qui ont jusqu’à ce jour traité le problème et nous ressentons cette intervention de l’Europe comme un signe d’espoir. La deuxième nouveauté est qu’Israël, qui a toujours eu uniquement confiance dans sa propre force et dans son propre apparat belliqueux, s’est rendu compte de ne plus pouvoir reposer sa propre confiance exclusivement dans l’armée et la force: son intervention au Liban n’a pas empêché une centaine de morts dans le camp israélien, a renforcé Hezbollah et rendu les Libanais plus unis que jamais. Un récent communiqué conjoint des diverses autorités religieuses libanaises a invité à l’accueil, la charité et à l’aide des réfugiés, malgré les diversités religieuses, et cela a grandement favorisé l’unité du peuple libanais.

Misna : Mais les chrétiens au Liban n’ont pas toujours eu des positions aussi claires. Quel est leur rôle dans un moment aussi délicat pour le destin du pays ?

Mgr Twal :Les maronites avaient placé leur espoir en Israël et dans la France, mais la dernière intervention israélienne a effacé toutes les illusions: l’armée israélienne a balayé tout le sud du Liban, rasé au sol cinq villages chrétiens. Cela a bien entendu provoqué la rupture de tout rapport avec Israël et aujourd’hui les chrétiens remercient Hezbollah comme seule force qui a su s’opposer à Israël! La faiblesse actuelle d’Israël s’explique par le fait qu’il a toujours seulement compté sur ses propres forces et cela a provoqué une grave crise interne.

Misna : Vous souhaitez une présence des casques bleus en Palestine aussi. Justement ici à Assise, il y a deux jours, durant une manifestation pour la paix au Moyen-Orient, on a parlé de Jérusalem et de la possibilité d’en faire un district mondial. Qu’en pensez-vous ?

Mgr Twal :La dernière cause des problèmes au Moyen-Orient est la Palestine. Il est indispensable que l’on arrive à une présence internationale. Il faut aider les Palestiniens à avoir leur propre État et c’est au plus fort, à Israël, de faire le premier pas. Il est urgent et important qu’Israël ne compte plus seulement sur soi mais accueille une présence internationale. Quant à Jérusalem, nous chrétiens ne voulons pas entrer dans le mérite des questions politiques sur l’identité de la ville, mais nous demandons que ces deux conditions soient réalisées: que Jérusalem soit une ville ouverte aux fidèles de toutes les religions et qu’une autorité internationale garantisse cette universalité. Je suis convaincu qu’avec la résolution du problème représenté par Jérusalem, le fanatisme diminuera de 60%.
[Propos recueillis par père Cesare Baldi – traduction réalisée par Misna]