Moyen Orient : Benoît XVI veut favoriser la communion entre catholiques

Et les stimuler au témoignage

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ROME, Dimanche 10 octobre 2010 (ZENIT.org) - « Le but de cette assise synodale est principalement pastoral », a affirmé Benoît XVI en ouvrant ce matin l'Assemblée spéciale du synode des évêques catholiques pour le Moyen Orient, réunie sur le thème : « L'Eglise catholique au Moyen-Orient : Communion et témoignage. "La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme" (Actes des Apôtres 4, 32). » Le message politique n'est donc pas le but du synode, rappelle le pape.

Benoît XVI a insisté sur les deux directions indiquées dans le titre même du synode : communion et témoignage. Or, les catholiques sont de 7 rites différents, et plus encore de cultures et de langues diverses. Dans une même ville, ils peuvent dépendre d'évêques ou de patriarches catholiques différents.

« Le but de cette assise synodale est principalement pastoral, a insisté le pape. Même en ne pouvant pas ignorer la délicate et parfois dramatique situation sociale et politique de certains pays, les Pasteurs des Églises au Moyen-Orient désirent se concentrer sur les aspects propres à leur mission ».

Benoît XVI a cité le Document de Travail (« Instrumentum laboris »), qu'il a remis aux Eglises orientales en juin dernier à Chypre : « Le Document de travail, élaboré par un Conseil pré-synodal dont je remercie vivement les membres pour le travail accompli, a souligné cette finalité ecclésiale de l'Assemblée, en relevant qu'il est de son intention, sous la conduite de l'Esprit Saint, de raviver la communion de l'Église catholique au Moyen-Orient ».

Une communion « avant tout, au sein de chaque Église, parmi tous ses membres : Patriarche, Évêques, prêtres, religieux, consacrés et laïcs ».

Et puis aussi une communion « dans les rapports avec les autres Églises » catholiques.

Et ensuite, la communion qui en découlera avec les autres chrétiens : « La vie ecclésiale, ainsi revigorée, verra se développer des fruits très positifs sur le chemin oecuménique avec les autres Églises et Communautés ecclésiales présentes au Moyen-Orient ».

Mais Benoît XVI va plus loin. Les chrétiens de Terre Sainte vivent en territoire palestinien et dans l'Etat d'Israël : ils sont juifs ou ils sont arabes, ou immigrés d'autres horizons. Le pape, dont l'homélie réaffirme le rôle de « médiation » du Peuple d'Israël dans le plan du salut, ajoute que le synode est aussi une « occasion propice pour poursuivre de façon constructive le dialogue avec les juifs auxquels nous lie de manière indissoluble la longue histoire de l'Alliance ».

Et aussi le dialogue « avec les musulmans » : le pape réaffirme la nécessité du dialogue interreligieux au Moyen-Orient comme un autre aspect de la communion.

Mais la communion pour Benoît XVI doit s'accompagner du témoignage dans la société : « Les travaux de l'assise synodale sont en outre orientés au témoignage des chrétiens aux niveaux personnel, familial et social ».

Et, pour le pape, qui dit témoignage dit « identité » : « Cela requiert le renforcement de leur identité chrétienne par l'intermédiaire de la Parole de Dieu et des Sacrements ».

Un témoignage dans la « joie » : « Nous souhaitons tous que les fidèles sentent la joie de vivre en Terre Sainte, terre bénie par la présence et par le glorieux mystère pascal du Seigneur Jésus Christ. Tout au long des siècles, ces Lieux ont attiré des multitudes de pèlerins, ainsi que des communautés religieuses masculines et féminines, qui ont considéré comme un grand privilège le fait de pouvoir vivre et rendre témoignage en Terre de Jésus. Malgré les difficultés, les chrétiens de Terre Sainte sont appelés à raviver la conscience d'être des pierres vivantes de l'Église au Moyen-Orient, auprès des Lieux saints de notre salut ».

Le pape souligne que depuis 2000 ans les chrétiens ont une présence continue en Terre Sainte.

Mgr Eterovic avait lui-même souligné, vendredi dernier, que le synode était une assemblée de prière et de travail.

Anita S. Bourdin