Moyen Orient : La communauté internationale doit prendre conscience de son destin commun

Le card. Martino demande d’agir « avant que le conflit ne dégénère »

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ROME, Lundi 24 juillet 2006 (ZENIT.org) – Face à la gravité des affrontements au Moyen Orient, le président du Conseil pontifical Justice et Paix exhorte « la communauté internationale et les Nations Unies en particulier » à « promouvoir le dialogue et la paix » et à affirmer l’Etat de Droit dans la région.



Appel à la communauté internationale

« Comme l’a souligné Sa Sainteté Benoît XVI lors de l’Angélus du dimanche 16 juillet, l’extension des actions de guerre au Moyen Orient suscite une grande préoccupation, en particulier pour le sort de la population civile », a souligné le cardinal Renato Raffaele Martino, président du Conseil pontifical Justice et Paix au micro de Radio Vatican, mardi 18 juillet.

« La situation est complexe et difficile à comprendre, et susceptible de menacer la paix et la sécurité non seulement de la région mais du monde entier », a-t-il déclaré.

« En même temps, cependant, dans un tel contexte de violence et d’opposition impitoyable, aussi bien les actes terroristes des uns que les représailles militaires des autres sont à bannir, de manière catégorique, dans la mesure où les uns comme les autres constituent une violation du droit et des principes de justice les plus élémentaires », a-t-il observé.

Le cardinal Martino, qui fut pendant de longues années Observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU, a affirmé que « la communauté internationale et les Nations Unies en particulier sont appelées à promouvoir le dialogue et la paix entre les parties adverses ainsi que l’affirmation d’un état de droit dans la région, sans délai, et avant que le conflit ne dégénère en prenant des proportions encore plus difficiles à gérer ».

Le cardinal estime que les Etats ne doivent pas céder à la « tentation d’interpréter le conflit actuel à partir d’une vision politique ou idéologique ». Ils risqueraient de retarder ou de rendre moins efficaces « l’engagement diplomatique et l’aide humanitaire à la population civile ».

Le cardinal Martino considère comme positive la déclaration des responsables du G8 sur le Moyen Orient. Ceux-ci se déclarent en effet « prêts à collaborer avec les Nations Unies pour l’affirmation de la paix au Moyen Orient et, en particulier, pour la mise en œuvre des résolutions 1559 et 1680 du Conseil de Sécurité concernant le Liban, reconnu comme Etat souverain ».

« Ils se déclarent également prêts à collaborer pour la reprise du dialogue et de la coopération entre Israël et la Palestine pour la paix au Moyen Orient », a-t-il ajouté.

Le cardinal Martino estime toutefois qu’il serait « opportun » de faire suivre les manifestations de bonne volonté par un « plan d’action équilibré sur le plan juridique et politique qui tienne compte du sort des populations civiles ».

La Résolution 1559 de 2004 exhorte entre autres à dissoudre et désarmer toutes les milices libanaises et non libanaises et soutient l’extension du contrôle du gouvernement du Liban sur tout le territoire libanais.

La Résolution 1680 du 17 mai 2006 insiste sur l’application de la Résolution précédente et souligne que ces six derniers mois des armes destinées aux milices sont entrées au Liban.

La pleine application de la Résolution 1559 a été citée par le premier ministre israélien Ehud Olmert, comme une condition pour le cessez-le-feu au Liban.

Le cardinal Martino a par ailleurs évoqué « l’implication de mouvements fondamentalistes islamiques », en particulier le Hamas et le Hezbollah, dans le conflit.

« Ceci rend la situation particulièrement préoccupante, précise le cardinal, dans la mesure où des Etats comme la Syrie et l’Iran pourraient prendre part au conflit, accentuant ainsi l’opposition idéologique et provoquant une réaction encore plus grave de la part d’Israël ».

« Il ne faut pas négliger le risque d’utilisation d’armes nucléaires ou de destruction de masse, qui pourrait marquer une page tragique dans l’histoire de la famille humaine », a ajouté le cardinal italien.

Retrouver la vocation de l’ONU

Le cardinal Martino estime « qu’aujourd’hui plus que jamais il faut retrouver le sens de la mission, ou plutôt, de la vocation des Nations Unies, nées pour ‘maintenir la paix… et la sécurité’ ».

« Dans le monde contemporain, aucun conflit ne peut être considéré comme un conflit à échelle locale, en raison de ses implications d’ordre humain, politique et économique, et des conséquences qu’il est susceptible d’entraîner au niveau de la paix et de la sécurité dans le monde », a-t-il souligné.

L’ancien Observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU estime que la communauté internationale doit « prendre conscience de son destin commun et de l’urgence d’une solution pacifique de la crise, de l’affirmation de la paix et de l’état de droit et de l’aide humanitaire à la population civile au Moyen Orient ».