Moyen Orient : « Seigneur, donne-nous la paix aujourd’hui ! », a imploré le pape

Prière pour la paix dans une église située près des Combes

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ROME, Lundi 24 juillet 2006 (ZENIT.org) – Le pape Benoît XVI a présidé hier dimanche un moment de prière pour la paix au Moyen Orient, dans l’église de Rhêmes-Saint-Georges, près des Combes, où il passe ses vacances.



« Libère-nous de tout mal et donne-nous la paix, Seigneur. Non pas demain ou après-demain, donne-nous la paix aujourd’hui », a imploré le pape.

Après une brève liturgie de la Parole, commencée à 17.30, le pape a présenté la vision chrétienne de la paix dans une homélie improvisée, au cours de laquelle il a commenté le passage de la lettre de saint Paul apôtre aux Ephésiens, qui présente le Christ comme « notre paix ».

En présence d’une centaine de fidèles réunis dans la petite église, et de l’évêque d’Aoste, Mgr Giuseppe Anfossi, le pape a évoqué le découragement que l’on peut ressentir face à la violence des hommes contre leurs frères.

« Il y a encore la guerre entre les chrétiens, les musulmans et les juifs ; et ce sont d’autres personnes qui fomentent la guerre. Tout est encore plein d’inimitié et de violence. Où est restée l’efficacité de Ton sacrifice ? Où se trouve dans l’histoire cette paix de laquelle nous parle Ton Apôtre ? » s’est interrogé Benoît XVI en s’adressant à Jésus, informait ce lundi Radio Vatican.

Mais la réponse est précisément la réconciliation du Seigneur, « son sacrifice n’est pas resté inefficace », a poursuivi le pape.

Comme preuve, Benoît XVI a cité « la grande réalité de la communion de l’Eglise universelle » ainsi que « les îles de paix dans le corps du Christ », en particulier les saints de la charité « qui ont créé des oasis de la paix de Dieu dans le monde ».

Les martyrs représentent aussi ces « îles » de charité car ils ont donné « ce témoignage de la paix, de l’amour qui met une limite à la violence ».

La violence de l’homme a une limite : l’amour du Christ, a expliqué le pape.

« Le Seigneur a vaincu la Croix. Il n’a pas vaincu un nouvel empire, avec une force plus puissante pour détruire les autres ; il n’a pas vaincu à la manière des hommes, comme nous l’imaginons, avec un empire plus fort que l’autre ».

« Il a vaincu avec un amour qui va jusqu’à la mort. Voilà la nouvelle manière de vaincre de Dieu : il n’oppose pas à la violence une violence encore plus grande. Il oppose à la violence, le contraire de la violence : l’amour jusqu’au bout, Sa Croix ».

Nous devons nous abandonner à cet amour divin, nous devons participer à ce « travail de pacification » et être des bâtisseurs de paix, a exhorté le pape.

Nous devons porter notre amour à tous ceux qui souffrent, en sachant que le Juge du Jugement Dernier s’identifie à ceux qui souffrent. C’est pour cette raison qu’il a mis l’accent sur l’importance du cœur du message chrétien : Dieu est amour.

Une vérité qui ne doit pas être dépréciée mais au contraire valorisée dans le dialogue avec les autres religions : « Aujourd’hui, dans un monde multiculturel et multireligieux, de nombreuses personnes sont tentées de dire : pour la paix dans le monde entre les religions, les cultures, il vaut mieux ne pas trop parler des spécificités du christianisme, c’est-à-dire de Jésus, de l’Eglise, des sacrements. Gardons ce qui peut être plus ou moins commun… Mais ceci n’est pas vrai », a affirmé le pape, toujours selon Radio Vatican.

« A l’amour, au message de l’amour, à tout ce que nous pouvons faire pour les personnes qui souffrent dans ce monde, nous devons également associer le témoignage pour ce Dieu, pour la victoire de Dieu précisément dans la non violence de Sa Croix », a conclut Benoît XVI.