Munich : Fin de la rencontre internationale des leaders religieux du monde

Communiqué final et dernières interventions

| 1341 clics

ROME, Mercredi 14 septembre 2011 (ZENIT.org) –« La mondialisation, qui est une grande ressource, a besoin de trouver une âme » : tel est le message contenu dans l’appel pour la paix signé par les quelque 300 leaders religieux du monde réunis du 11 au 13 septembre par la Communauté de Sant’Egidio et le cardinalReinhard Marx, archevêque de Munich Freising, dans le chef-lieu bavarois pour la rencontre internationale « Destinés à vivre ensemble. Religions et cultures en dialogue ».

Un appel pour le monde

« L’égoïsme, affirme le message lu durant la cérémonie finale de la rencontre,mène à une civilisation de la mort, qui fait beaucoup de victimes. C’est pourquoi, il faut tourner nos yeux vers le haut, nous ouvrir à l’avenir et devenir capables de mondialiser la justice. »

« Nous devons, avec force, affronter à nouveau le problème de la paix dans toutes ses dimensions », poursuit-il, car « nous sommes destinés à vivre ensemble et sommes tous responsables de l’art du vivre ensemble. »

Le dialogue, estiment les leaders religieux,s’est révélé aujourd’hui l’arme la plus intelligente et la plus pacifique. C’est la réponse aux prédicateurs de la terreur, qui vont jusqu’à employer les discours des religions pour répandre la haine et diviser le monde. Rien n’est perdu avec le dialogue.»

Plus forts ensemble

« Munich, ces jours-ci est devenue la capitale de l’esprit, a souligné dans son intervention finale, Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio. Ce ne sont pas les pas lourds de soldats que nous avons entendu sur ses routes, mais les pas légers des chercheurs de Dieu et des pèlerins de la paix ».

« Nous voici plus forts et pleins d’espérance après ces journées ensemble », parce que « nous sommes descendus en profondeur dans nos religions, apprenant ainsi à être des hommes de paix, comme nous a écrit notre bien-aimé Benoît XVI dans son message ».

« Nous sommes si pleins d’espérance, a poursuivi l’historien, que nous pouvons espérer avec force : que la prochaine décennie soit vraiment une décennie de nouveauté ! Cette nouveauté serait la paix, la paix dans un monde plus juste envers les pauvres, où les riches apprendraient la sobriété et la vraie participation à la lutte contre la pauvreté ».

« La paix est un rêve et un espoir, non une utopie ! », a-t-il insisté, elle « mûrit dans le cœur d’une femme et d’un homme spirituels, qui ne se résignent pas au mal, au manque de liberté, de liberté religieuse, à la misère. La paix, de manière concrète, est notre vision de l’avenir. Car la paix étant le nom même de Dieu, est une vision divine ».

« Dans un climat d’estime réciproque, de respect et d’amitié, a ajouté le cardinal Marx, nous avons tous convenu de ce que nous voulons et de ce que nous pouvons réaliser, pour que tout le monde, toute la famille humaine, puisse avancer vers l’avenir avec courage et grande espérance ».

« Aucun pays ne vit pour lui-même. Et l’Europe ne peut et ne veut se suffire à elle-même. Elle a une mission pour le monde », a-t-il dit.

Confiance en l’humanité

Face aux événements humains qui mettent à dure épreuve l’esprit et l’humanité des peuples, l’évêque luthérien d’Oslo (Norvège), Maelen Kvarme, a rappelé que la seule réponse à donner est une plus grande « ouverture », « plus de démocratie » et plus de « confiance » à travers le dialogue.

« Si une personne à elle seule peut causer tant de mal, lui a dit un jeune, imaginez tout l’amour que nous pouvons créer ensemble ! », a rapporté l’évêque en allusion au massacre perpétré il y a quelques mois par un jeune norvégien extrémiste contre la présence de musulmans dans le pays.

Face aux événements naturels qui eux aussi secouent le genre humain, le conseiller suprême de l'école bouddhiste Tendai, au Japon, Gijun Sugitani, propose, à la lumière du dernier tremblement de terre ravageur qui a eu lieu dans son pays, une attitude « plus humble » face à la nature, une vraie prise de conscience que les êtres humains font partie d’une grande famille et qu’ils ont besoin de vivre ensemble, car ils sont destinés à vivre ensemble ».

« Notre avenir, a-t-il dit, n’est pas la technologie. L’homme est la cause même de ce qui s’est passé à la centrale nucléaire de Fukushima. Notre avenir repose sur la sagesse d’apprendre l’art du bon vivre ensemble, comme disent les anciennes traditions religieuses ».

L'année prochaine à Sarajevo

« L’heure est venue de changer » soulignent des enfants de différentes nationalités venus remettre leur appel aux participants, durant la cérémonie de clôture.

« Le monde a besoin de plus d’espérance et de paix », est-il écrit dans leur message. « Nous pouvons apprendre de nouveau à vivre non les uns contre les autres mais les uns avec les autres ».

La grande rencontre de Munich s’est terminée par une invitation du Grand mufti Ceric et de l’évêque auxiliaire Mgr Pero Sudar, à venir à Sarajevo (Bosnie Herzegovine), en 2012, pour la prochaine édition, soit 20 ans après le siège sanglant de la ville durant le conflit en ex-Yougoslavie.

Sarajevo, a-t-il déclaré, est « la première Jérusalem d’Europe, la seconde du monde, une ville où la cohabitation entre juifs, chrétiens et musulmans a une longue tradition ».