N'amputez pas vos peuples de leur avenir en mutilant leur présent

Discours de Benoît XVI au palais présidentiel de Cotonou

| 1372 clics

ROME, samedi 19 novembre 2011 (ZENIT.org) – « Aie confiance, Afrique, et lève toi ! », a lancé Benoît XVI au terme de son premier discours clef au Bénin, qui s’adressait aussi à toute l’Afrique. Et peut-être au monde. Le pape demande aux responsables des nations de ne pas « amputer » les peuples de « leur avenir » en « mutilant leur présent ».

Par cet appel, à Cotonou, au palais présidentiel, en présence du président de la République M. Thomas Boni Yayi, et des forces vives de la Nation, Benoît XVI a donné une autre clef de son message à l’Afrique et au monde, une clef de son pontificat, dans la ligne de la rencontre pour la paix à Assise, des croyants et des non-croyants : le dialogue.

Le pape a lancé cet appel aux gouvernants : « Ne privez pas vos peuples de l’espérance ! Ne les amputez pas de leur avenir en mutilant leur présent ! Ayez une approche éthique courageuse de vos responsabilités et, si vous êtes croyants, priez Dieu de vous accorder la sagesse ! »

Aucune ingénuité, souligne le pape, dans cette attitude : « Avoir de l’espérance, ce n’est pas être ingénu, mais c’est poser un acte de foi en un avenir meilleur. »

Pour Benoît XVI, l’avenir meilleur de l’Afrique et du monde est dans le dialogue : « On ne dialogue pas par faiblesse, mais qu’on dialogue parce que l’on croit en Dieu. Dialoguer est une manière supplémentaire d’aimer Dieu et le prochain sans abdiquer ce que l’on est ».

Le pape souligné que l’Afrique pouvait constituer une espérance pour le monde du fait de la structure de ses familles: « Sur votre continent, nombreuses sont les familles dont les membres professent des croyances différentes, et pourtant les familles restent unies. Cette unité n’est pas seulement voulue par la culture, mais c’est une unité cimentée par l’affection fraternelle. Il y a naturellement parfois des échecs, mais aussi beaucoup de réussites. Dans ce domaine particulier, l’Afrique peut fournir à tous matière à réflexion et être ainsi une source d’espérance. »

Le pape a expliqué l’image de la main, car on dit souvent que la forme du Bénin ressemble à une main sur l’Océan, en dénonçant la haine : « Cinq doigts la composent, et ils sont bien différents, a souligné le pape. Chacun d’eux pourtant est essentiel, et leur unité forme la main. La bonne entente entre les cultures, la considération non condescendante des unes pour les autres, et le respect des droits de chacune sont un devoir vital. Il faut l’enseigner à tous les fidèles des diverses religions. La haine est un échec, l’indifférence une impasse, et le dialogue une ouverture ! »

Elle a aussi sa part dans le dialogue : « À côté du cœur et de l’intelligence, la main peut devenir, elle aussi, un instrument du dialogue. Elle peut faire fleurir l’espérance, surtout lorsque l’intelligence balbutie et que le cœur trébuche », a ajouté Benoît XVI.

« C’est là le vœu que je formule pour l’Afrique tout entière, elle qui m’est si chère ! Aie confiance, Afrique, et lève toi ! Le Seigneur t’appelle », a conclu Benoît XVI.

ASB