"N'oublie pas les pauvres"

Ou comment le nom de François s'est inscrit dans le coeur du pape

Rome, (Zenit.org) Anita Bourdin | 1338 clics

"N'oublie pas les pauvres": cette invitation fraternelle du cardinal Claudio Hummes, en plein conclave, au moment où le nom du cardinal Jorge Mario Bergoglio, a atteint les deux tiers des voix (77) a été le premier déclic qui a fait penser au nouveau pape qu'il allait mettre son pontificat sous la protection du saint protecteur de l'Italie, le pays d'origine de  sa famille.

Puis il a pensé aux guerres, pendant le laps de temps qui séparait cet applaudissement traditionnel de la fin du dépouillement et de l'acceptation. François s'est à nouveau imposé à lui comme l'homme de la paix.

Lors de l'audience avec les media, samedi 16 mars, ne la salle Paul VI du Vatican, le pape a ainsi confié comme son nom lui est venu et pour quelle raison. Il a confié: "Comme je voudrais une Église pauvre et pour les pauvres !"

"Certains ne savaient pas pourquoi l’Évêque de Rome a voulu s’appeler François. Certains pensaient à François Xavier, à François de Sales, et aussi à François d’Assise. Je vais vous raconter l’histoire, a confié le pape à quelque 5000 personnes. À l’élection, j’avais à côté de moi l’Archevêque émérite de Sao Paulo et aussi le Préfet émérite de la Congrégation pour le Clergé, le Cardinal Claudio Hummes : un grand ami, un grand ami ! Quand la chose devenait un peu dangereuse, lui me réconfortait."

Il continuait son récit, devant un auditoire captivé: "Et quand les votes sont montés aux deux tiers, l’applaudissement habituel a eu lieu, parce que le Pape a été élu. Et lui m’a serré dans ses bras, il m’a embrassé et m’a dit : « N’oublie pas les pauvres ! » Et cette parole est entrée en moi : les pauvres, les pauvres. Ensuite, aussitôt, en relation aux pauvres j’ai pensé à François d’Assise. Ensuite j’ai pensé aux guerres, alors que le scrutin se poursuivait, jusqu’à la fin des votes. Et François est l’homme de la paix. Et ainsi est venu le nom, dans mon cœur : François d’Assise."

"C’est pour moi, a continué le pape, l’homme de la pauvreté, l’homme de la paix, l’homme qui aime et préserve la création ; en ce moment nous avons aussi avec la création une relation qui n’est pas très bonne, non ? C’est l’homme qui nous donne cet esprit de paix, l’homme pauvre… Ah, comme je voudrais une Église pauvre et pour les pauvres !" Des paroles immédiatement reprises par les media du monde.

Après l'émotion suscitée par ces paroles, le pape a plaisanté et fait rire l'assemblée: "Après, certains ont fait diverses plaisanteries : « Mais, tu devrais t’appeler Adrien, parce que Adrien VI a été le réformateur, il y a besoin de réformer… ». Et un autre m’a dit : « Non, non : ton nom devrait être Clément ». « Mais pourquoi ? ». « Clément XV : ainsi tu te venges de Clément XIV qui a supprimé la Compagnie de Jésus ! » Ce sont des plaisanteries…"

Il a invité les media à progresser encore dans la connaissance de l'Eglise et de l'Evangile du Christ: "Je vous aime beaucoup, je vous remercie pour tout ce que vous avez fait. Et je pense à votre travail : je vous souhaite de travailler avec sérénité et avec fruit, et de connaître toujours mieux l’Évangile de Jésus Christ et la réalité de l’Église."

Il a conclu par une note mariale et familiale: "Je vous confie à l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie, Étoile de l’évangélisation. Et je vous souhaite ce qu’il y a de meilleur à vous et à vos familles, à chacune de vos familles."