Nanterre entre dans l'Année de la foi par la porte du baptême

Mgr Daucourt emmène son diocèse à Reims

| 1576 clics

Anne Kurian

ROME, mercredi 26 septembre 2012 (ZENIT.org) – Pour entrer dans l’Année de la foi en célébrant la joie de son baptême, le diocèse de Nanterre se rend en pèlerinage à Reims, le dimanche 14 octobre 2012.

Zenit a rencontré Mgr Gérard Daucourt, évêque de Nanterre depuis 2002, qui évoque cet évènement inaugurant une série d’initiatives du diocèse pour l’Année de la foi.

La ville de Reims, rappelle Mgr Daucourt, c’est le lieu « où le roi Clovis a été baptisé (496), sous l’influence de sainte Clotilde, elle-même soutenue par sainte Geneviève », originaire de Nanterre. Le diocèse a donc un lien avec cet évènement historique : la cathédrale de Nanterre est construite sur les lieux où a vécu sainte Geneviève.

En cette Année de la foi, il est « important de trouver un lieu, un moyen, pour aller à la source de la foi », estime l’évêque, ajoutant que « la source de la foi, c’est le baptême, comme don de Dieu et engagement de l’homme ». Il rappelle à ce titre que Jean-Paul II, lors de sa visite à Reims en 1996, avait souligné le sens du baptême à partir de celui de Clovis.

Alors que 3.000 personnes sont attendues, Mgr Daucourt « espère surtout que toutes les communautés et tous les mouvements se sentiront concernés », afin que « tous les catholiques se rassemblent dans une grande communion de prière » pour réfléchir sur le baptême.

Il souligne que le pèlerinage commence dans le car par des animations de « prière et réflexions ». Sur place, seront proposées des mini-conférences sur différents thèmes – baptême dans la Bible, baptême dans l’art, sens historique du baptême, témoignages de néophytes et de catéchumènes – suivies d’échanges.

Au sommet de la journée, aura lieu une eucharistie concélébrée avec Mgr Thierry Jordan, archevêque de Reims. La liturgie insistera notamment sur des gestes spécifiques qui rappellent le baptême : aspersion, signe de la croix …

Au début de la célébration, une entrée en catéchuménat d’adultes sera célébrée. Mgr Daucourt y voit un geste « très signifiant », évoquant les quelque « 120 ou 130 hommes et femmes qui librement demandent à recevoir le baptême chaque année à Nanterre », des personnes qui montrent « que l’Eglise est vivante ».

A la fin, annonce l’évêque, il y aura aussi un envoi en mission : « on peut organiser toutes les initiatives possibles, mais tout cela ne sert à rien si l’on n’est pas, au quotidien de nos existences, rayonnants du Christ ». En effet, insiste-t-il, « la foi c’est d’abord des hommes et des femmes qui se laissent toucher par Jésus ».

Il faut donc se sentir responsable et se poser la question : « sommes-nous rayonnants de notre foi pour donner envie à l’autre de rejoindre l’Eglise du Christ ? ». D’ailleurs, poursuit Mgr Daucourt, « si je ne suis pas heureux d’être chrétien, c’est que quelque chose manque ». C’est en cela que consiste la nouvelle évangélisation : « un engagement des chrétiens pour redécouvrir la joie de croire et retrouver l’enthousiasme de communiquer la foi ».

Et si la foi est une joie, alors le chrétien doit être « prêt à vivre un certain nombre de changements dans sa vie (…) dans ses attitudes, dans son style de vie, son comportement, ses pratiques », afin de « faire passer le Christ avant tout ».

Après le pèlerinage, des soirées intitulées « Témoins du Christ dans notre monde sécularisé » auront lieu dans les neuf doyennés du diocèse, d’octobre à décembre 2012 : deux ou trois chrétiens témoigneront de la façon dont ils annoncent l’Evangile aujourd’hui, sans se cacher « les difficultés, les exigences, les blocages ».

Ce ne seront « pas des vedettes », précise Mgr Daucourt, mais des « chrétiens ordinaires » qui parleront de leurs milieux de vie, de travail.

Par ailleurs, un livret pour l’Année de la foi – hors-série de Prions en Eglise – est publié pour le diocèse : il contient 6 catéchèses comme supports pour des soirées en groupes, ainsi que divers textes, extraits de la lettre du pape pour l’Année de la foi, du Catéchisme de l’Eglise catholique, du Concile Vatican II.

Mais l’Année de la foi coïncide aussi avec le parcours de « Diaconia 2013 » et l’une des « préoccupations premières » de Mgr Daucourt, est « d’articuler les œuvres et la foi »: si « le chrétien approfondit sa foi, le sens de son baptême », alors il découvre « plus profondément combien il est lié au Christ » et qu’il « ne peut pas rencontrer le Christ sans rencontrer les autres », en premier lieu les « disciples du Christ, avec lesquels il est lié par son baptême », et tous les autres, explique-t-il.

Cela implique concrètement des « démarches d’amour, de partage, de solidarité, de charité », ajoute l’évêque, qui souhaite que « le plus grand nombre possible de baptisés du diocèse approfondisse sa foi » car, selon Benoît XVI, la redécouverte de la foi bénéficiera en premier lieu au croyant, qui retrouvera le sens de sa mission, qui commence toujours par la fraternité et le service des frères. C'est pour cela qu'il faut tenir ensemble Année de la foi et Diaconia 2013.

Dans le diocèse de Nanterre, l’Année de la foi se prolongera jusqu’au 15 juin 2014 avec un grand rassemblement qui nouera la gerbe.

Un entretien avec Mgr Daucourt sera diffusé sur Radio Espérance le mercredi 3 octobre et le samedi 6 octobre 2012.