Ne jamais discriminer les malades du sida : Mgr Léonard renouvelle son appel

L’archevêque de Malines-Bruxelles rétablit la vérité sur les propos qu’on lui a prêtés

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ROME, Mercredi 3 novembre 2010 (ZENIT.org) - Ne jamais discriminer les malades du sida : c'est ce que demandait Mgr Léonard dès son livre entretien paru en français il y a quatre ans, et publié récemment en néerlandais (cf. Zenit, 14 octobre 2010).

Dans une lettre, Mgr Léonard rétablit la vérité sur les propos qu'on lui a prêtés à propos du sida, de l'homosexualité et de la gestion de la pédophilie (cf. Documents pour le texte intégral).

Pour le sida, il ne s'agit donc pas de nouvelles déclarations, mais de passages extraits de son livre « Monseigneur Léonard. Entretiens avec Louis Mathoux », aux Editions Mols, à Bruxelles, en néerlandais : « Mgr. Léonard. Gesprekken » (Lannoo). Les propos autour desquels s'est greffée la polémique se trouvent aux pages 173-174 (édition néerlandaise) et 243-244 (édition française).

Il répond à l'accusation de stigmatiser les malades du sida en citant son livre : « Les lecteurs, parvenus à la page 174 du livre, auraient bien fait de lire aussi la page 175 (p. 245 dans l'édition française), où je dis explicitement et avec force que les malades du sida ne peuvent jamais être discriminés ! Depuis quand la mise en garde contre les ravages causés par le tabac autorise-t-elle à discriminer et à stigmatiser les fumeurs ? Même chose concernant la problématique du sida. »

A une question de son interlocuteur sur la conception du sida comme une « punition divine », Mgr Léonard répond : « Je ne considère d'aucune façon l'éclosion du sida comme un châtiment céleste. Mais comme le journaliste semblait tenir, par la nature même de sa question, à cette catégorie de « punition », j'ai ajouté que, « tout au plus », on « pourrait éventuellement » considérer la première propagation de cette maladie comme « une sorte » de « justice immanente ». Trois précautions donc (les expressions entre guillemets), pour introduire ce concept classique de « justice immanente ». »

Il précise que « le concept de « justice immanente » a précisément pour sens d'exclure toute idée d'une « punition » venant d'en haut ou du dehors. C'est ce que signifie l'adjectif « immanent », qui signifie « intérieur à la chose même » (du latin manere in = « demeurer au dedans »), sans qu'il faille invoquer une cause extérieure ou « transcendante ». Si donc « justice » il y a, ce n'est, dans cette expression, absolument pas celle qui résulte d'une « justice » divine ou humaine, mais celle qui découle de la nature même des actes que nous posons ».

L'archevêque donnait des exemples expliquant ce conception de « justice immanente »: « Si nous malmenons la Terre par des comportements environnementaux irresponsables, il faut s'attendre à ce qu'en retour la Terre finisse par nous malmener (changement climatique, montée des eaux, disparitions d'espèces, etc). Pour cela, il ne faut aucune décision divine ; cela découle de la nature même de nos comportements. Semblablement, quand des ministres de la santé font écrire sur les paquets de cigarettes : « le tabac nuit gravement à la santé », leur idée n'est pas que votre bronchite chronique ou votre cancer du poumon résulteront d'un châtiment divin et encore moins de leur décision, mais simplement qu'il résulte de votre tabagie. Ils invoquent donc implicitement le concept de « justice immanente ». Or, d'après un certain nombre d'articles que j'ai lus, il semble que la première diffusion du sida a été due, au moins pour une part, à une contamination liée à des pratiques sexuelles risquées (partenaires multiples, sodomie, etc.). » 

Il résume, dans sa lettre : « Nos comportements polluants risquent de nous jouer à terme de mauvais tours sur le plan écologique », « la consommation immodérée d'alcool peut nuire à notre cerveau ou à notre foie », et « la contamination par le HIV a été liée, à ses débuts, pour une part, à des comportement sexuels risqués. »

Anita S. Bourdin