Négociations de paix en Terre Sainte : réserves du custode

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ROME, Lundi 23 août (ZENIT.org) - Dans une interview à Radio Vatican, le 21 août, le custode de Terre Sainte, le père Pierbattista Pizzaballa, s'est dit réservé concernant la reprise des pourparlers entre Israéliens et Palestiniens. Après 20 mois de tension depuis l'offensive d'Israël et de Gaza, les négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens reprennent.

Le 20 août dernier, rappelle Radio Vatican, la Maison-Blanche a officiellement invité les différentes parties à Washington pour le 2 septembre prochain dans le but de clore les pourparlers en un an. Au programme, des questions irrésolues depuis des décennies comme les frontières des deux Etats, le statut de Jérusalem, le retour des réfugiés et les implantations juives en Territoires occupés.

Le roi de Jordanie Abdullah II et le président égyptien Mohammed Hosni Moubarak seront aussi présents. Tous les acteurs ont confirmé leur ‘oui' aux négociations, souligne Radio Vatican.

« Comme toujours pour ces choses en Terre Sainte, il y a un peu de réserve au début, parce que ce n'est pas la première fois, ce n'est pas la première tentative d'entrevue directe qui ne donne finalement rien », a affirmé le custode de Terre Sainte.

A ses yeux, « la première rencontre sera très importante pour comprendre le climat entre les parties et voir si un compromis sera possible - et non pas tant pour avoir des résultats clairs, parce qu'il est clair qu'une rencontre ne suffira pas ».

Les obstacles sont toujours les mêmes : « les réfugiés, les implantations, les frontières et Jérusalem », a ajouté le père Pizzaballa. « Naturellement, la perspective est d'avoir deux peuples dans deux Etats proches, mais il faut préparer ce chemin et fixer pour la énième fois les délais et les règles ».

Interrogé sur la rupture politique et territoriale de Gaza, contrôlé par le Hamas, il a affirmé que le problème était « sérieux », parce que « l'autonomie palestinienne est aujourd'hui divisée en interne de manière profonde » et que l'on se demande comment « dépasser ces divisions ». « Je pense que ce sera un obstacle très sérieux qui créera de nombreux problèmes ».

Evoquant les colonies juives, il a estimé que les différentes parties devraient faire preuve de « courage » : « à Israël pour interrompre la construction des colonies et aux Palestiniens pour les compromis qui seront inévitables, qui demandent du charisme, du courage, du leadership et un soutien fort de la communauté internationale ».

Le rôle de la communauté internationale sera encore plus important pour Jérusalem, a-t-il ajouté, parce que la ville sainte fait l'objet de beaucoup de « passions ».

Le père Pizzaballa s'est enfin dit prudent sur le rôle des chrétiens de Terre Sainte pour faciliter la réconciliation au Moyen-Orient. « Nous, chrétiens, nous sommes très peu en Terre Sainte, nous sommes un peu plus de 1%, nous ne pouvons donc pas prétendre réussir à faire beaucoup en ce sens ».

En revanche, « nous pouvons, avec la communauté internationale, avec les grands mouvements, les Eglises qui sont dans le monde, aider à créer des mouvements d'opinion de soutien, pour que les deux parties puissent avoir un soutien psychologique fort de la part de toute la communauté internationale, ainsi que chercher à impliquer et stimuler les responsables locaux à la rencontre et au dialogue ».