Népal : La situation réclame une intervention de l’ONU

Message du pro-préfet apostolique à Fides

| 1177 clics

CITE DU VATICAN, Mercredi 29ctobre 2003 (ZENIT.org) – « Il faut un tiers pour jouer un rôle de médiation. La situation s’aggrave rapidement. Nous demandons l’intervention de l’ONU : c’est l’unique voie pour chercher à reprendre le dialogue » : tel est l’appel transmis à l’agence Fides par le Père Pius Perumana, Jésuite, Pro-préfet Apostolique au Népal. La guerre civile a fait 8.000 morts en sept ans.



L’intervention du Père Perumana se situe après la dernière attaque des rebelles maoïstes contre un poste de police à Susuwa, à l’ouest de la capitale Katmandou. Le bilan est de huit morts, six parmi la police et deux civils.

Dans un entretien avec l’agence Fides, le Père Perumana déclare : « La tension est palpable. Ces temps derniers, les attaques des rebelles et les contre-offensives de l’armée gouvernementale se sont succédées. Mais, pris au milieu d’un feu croisé, les civils innocents subissent la violence. Les gens vivent dans la peur des attaques surprises. Le dialogue est arrêté, il faut reprendre sans tarder la voie des négociations ; mais il faut un médiateur neutre, comme les Nations Unies. Dans les villages tout spécialement, les gens n’ont pas le choix : les hommes sont contraints de s’unir aux rebelles, sinon les villages sont détruits. C’est terrible ».

« Nous espérons, et nous prions pour que la paix revienne, continue le Jésuite. Pour revenir au dialogue, interrompu depuis deux mois, il faut faire participer les dirigeants politiques, du gouvernement et de l’opposition. Mais le premier pas est de déposer les armes ».

Le Père Perumana explique : « Dans de nombreuses régions la situation est tranquille ; mais en plusieurs endroits publics, les postes de police, les institutions civiles sont en état d’alerte. Il n’y a pas de menaces particulières pour la communauté catholique, qui partage le sort de la population : nous poursuivons notre travail pastoral et notre œuvre d’éducation dans nos églises et dans nos écoles ».

L’Eglise catholique construit actuellement dans la capitale, Katmandou, un nouveau Centre pastoral qui sera terminé pour la fin du mois de novembre. Entre tension et peur, le travail d’évangélisation et de promotion humaine se poursuit, ajoute Fides.

La communauté catholique a été l’objet dernièrement d’une attaque contre la Mission de Okhrey, à Dharan, à 500 km au sud de la Capitale, où les Sœurs de la Bienheureuse Vierge Marie (Sœurs de Lorette) dirigeaient le « Loreto Day Care Centre » qui assurait l’assistance sanitaire, et délivrait des médicaments et des aides pour les pauvres. Une précédente attaque des rebelles maoïstes, le 19 septembre dernier, n’avait pas fait de victimes parce que les religieuses ne s’y trouvaient pas à ce moment, mais elle avait a entièrement détruit le Centre, les instruments, les médicaments, tout ce qui servait à la population.

Dans ce petit Etat montagneux du Tibet, il y a 6.000 catholiques environ, aidés par des Jésuites et par plusieurs Congrégations de religieuses, sous la juridiction de la Mission créée en 1983, devenue Préfecture Apostolique en 1996.

Les Missions et les écoles catholiques au Népal ont souffert ces dernières années de l’affrontement entre le gouvernement et les rebelles maoïstes, une guerre civile qui a fait 8.000 morts en sept ans. Trois écoles catholiques dans les districts de montagne, soumises à des menaces, ont dû fermer pendant deux ans. L’Eglise Catholique dirige au Népal 23 écoles qui accueillent aussi des élèves non chrétiens.