Nier l’objection de conscience réduit le droit de choisir un médecin

Affirme le représentant des médecins catholiques du monde

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ROME, Lundi 23 novembre 2009 (ZENIT.org) - En médecine, certains spécialistes de disciplines comme la gynécologie, quittent leur profession quand ils ne peuvent l'exercer avec conscience, ceci lésant le droit des patients à pouvoir choisir un médecin qui partage leurs valeurs.

Selon le président de la Fédération internationale des associations de médecins catholiques (FIAMC), Josep Maria Simón Castellví, cette situation est l'une des conséquences du non droit à l'objection de conscience, comme par exemple aux Etats-Unis. 

« Dans toute discipline, nier le respect de la conscience est une menace pour le droit de chacun à toujours agir en conscience », a-t-il affirmé en intervenant vendredi au XIème Congrès « Catholiques et Vie publique », en cours à Madrid (Espagne).

« D'ailleurs, cela n'implique pas une meilleure assistance médicale; au contraire, l'accès à des soins de qualité, surtout pour les mères, diminue ». 

Le président de la FIAMC souligne que la fédération « a du lutter pour défendre la liberté de conscience du personnel médical aux Etats-Unis ».

Comme exemple de ce contexte hostile, il cite la décision de l'administration  Obama de renverser la Health and Human Services Rule (HHS Rule), de décembre 2008.  

« Cette décision constitue un pas en arrière considérable en termes de droit, concernant la liberté de conscience surtout chez les médecins et le reste du personnel médical », explique-t-il.  

« La HHS Rule protégeait une partie fondamentale de la liberté des nord-américains (liberté religieuse et de conscience) », ajoute-t-il. 

« Barack Obama se montre prêt à forcer les médecins et le personnel sanitaire des Etats-Unis à participer à des avortements et à d'autres pratiques qui violent la conscience et leur critère clinique », estime-t-il.  

Après avoir cité d'autres actions du président Obama qui, selon lui, « bafouent le respect de la vie et de la dignité humaine ainsi que la liberté religieuse, aux Etats-Unis et dans d'autres pays du monde », Josep Maria Simón Castellví a reconnu que « ces derniers mois le président Obama avait procédé à deux intéressantes nominations, confiant de hautes charges à des personnes qui respectent la vie humaine ».  

Le président de la FIAMC précise qu'il n'est pas pour une excessive règlementation de l'objection de conscience. « Celle-ci existe et elle est dans notre règlement juridique, explique-t-il. La règlementer restreindrait son droit ». 

Pour lui, « la conscience est le dernier rempart de la personne, elle relève de son intimité ; c'est là que naissent les décisions dont elle sera responsable », car les êtres humains « sont libres et donc responsables ».  

Le médecin a conclu son intervention en citant deux grands défenseurs de la conscience, commençant par le membre du congrès John C. Fleming, médecin qui, le 6 mars dernier, a écrit au président Obama, parlant ouvertement de la discrimination vis-à-vis des professionnels qui refusent de pratiquer des avortements à cause de la nouvelle législation. 

Le deuxième exemple est celui du bienheureux autrichien Franz Jägerstätter, martyr de la conscience, qui refusa de servir l'idéologie nazie et avait écrit de sa prison, en août 1943 : « Ni la cellule, ni les chaînes, ni même la mort ne peuvent séparer quelqu'un de l'amour de Dieu, ni lui ôter sa  foi et son libre arbitre ».