Nobel de médecine : Réactions de Mgr Carrasco de Paula

La solution à la stérilité viendra d’ailleurs

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ROME, Mardi 5 octobre 2010 (ZENIT.org) - Le président de l'Académie pontificale pour la Vie, Mgr Carrasco de Paula, explique, à l'occasion de l'attribution du Prix Nobel de médecine au Prof. Edwards, que la solution à la stérilité « viendra d'une autre voie, moins coûteuse ». Il souligne que Louise Brown est devenue à son tour maman.

Le Saint-Siège a publié lundi soir, en italien, la déclaration complète du président de l'Académie pontificale pour la Vie, à l'attribution du Prix Nobel de médecine au Prof. Edwards. Il s'agit, précise Mgr Ignazio Carrasco de Paula, d'une déclaration « donnée à titre personnel en réponse à des questions reçues d'agences et de journalistes et non pas d'un communiqué officiel ».

« L'attribution du Nobel au Prof. Edwards a suscité de grands acquiescements et de nombreuses perplexités comme c'était prévisible. Personnellement, j'aurais voté pour d'autres candidats comme McCullock et Till, qui ont découvert des cellules souches, ou même Yamanaka, le premier à avoir créé une cellule pluripotente induite (iPS).

« Cependant le choix d'Edwards ne me semble pas complètement déplacé. D'une part, il entre dans la logique poursuivie par le Comité qui attribue le Nobel. D'une autre, le scientifique britannique n'est pas un personnage qu'on peut sous-évaluer : il a inauguré un nouveau chapitre important dans le domaine de la reproduction humaine, dont les meilleurs résultats sont sous les yeux de tous, à commencer par Louise Brown, la première petite fille née par la FIVET, qui a désormais une trentaine d'années et qui est à son tour maman - de façon tout à fait naturelle - d'un petit garçon.

« Les perplexités ? Si nombreuses : sans Edwards, il n'y aurait pas de marché des ovocytes. Sans Edwards, il n'y aurait pas de congélateurs pleins d'embryons en attente d'être transplantés dans l'utérus, ou, plus probablement, d'être utilisés pour la recherche ou même de mourir abandonnés et oubliés de tous.

« Je dirais qu'Edwards a inauguré une maison mais qu'il a ouvert la mauvaise porte à partir du moment où il a tout misé sur la fécondation in vitro et où il a consenti implicitement au recours aux donations et à des achats-ventes qui impliquent des êtres humains. Ainsi, il n'a modifié ni le cadre pathologique, ni le cadre épidémiologique de la stérilité. La solution à ce grave problème viendra d'une autre voie moins coûteuse et désormais dans un état de construction avancé. Il faut prendre patience, et avoir confiance dans nos chercheurs et nos cliniques ».

Anita S. Bourdin