Nonces, au service des populations

Par le card. Bertone

Rome, (Zenit.org) | 594 clics

Pour le cardinal Bertone, le « ministère normal et fondamental » des nonces apostoliques et de l’Eglise est « d’être envoyé pour soutenir les fragilités, les faiblesses et les défaites des hommes », au service du « progrès spirituel des populations ».

Le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État du Vatican, a conféré l’ordination épiscopale, par mandat du pape François, à Mgr Ettore Balestrero, Mgr Michael Banach et Mgr Brian Udaigwe, respectivement nommés nonces apostoliques en Colombie, en Papouasie-Nouvelle Guinée et au Bénin, le samedi 27 avril 2013, en la basilique Saint-Pierre.

Le cardinal Marc Ouellet, préfet de la Congrégation pour les évêques, et le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, ont également participé à la cérémonie, rapporte L’Osservatore Romano.

Le don de sa vie sans réserve

« Que la flamme de la charité pastorale vous pousse à travailler généreusement au service de l’Église dans ces pays d’Amérique latine, d’Océanie et d’Afrique », a souhaité le cardinal Bertone aux nouveaux nonces, les invitant à garder en mémoire les paroles du Christ : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres » (Jn 13, 34).

En effet, a-t-il rappelé, « c’est l’amour du Christ et pour le Christ qui est la raison de notre engagement apostolique. Caritas Christi urget nos. Il en est ainsi pour tout prêtre, il en est ainsi pour tout évêque et pour tout représentant du pape. Il s’agit d’un amour incessant, qui nous appelle à suivre le Christ qui « a aimé l’Église » et « s’est livré pour elle » (Ep 5, 25). »

Le cardinal a médité sur l’offrande de sa vie, à l’exemple du Christ : « offrir sa vie signifie se donner dans une disponibilité totale, mettre au service des autres les dons reçus de Dieu, donner son temps, consumer sa vie sans réserve. Il nous est parfois facile de donner quelque chose ; il est plus difficile et beaucoup plus important et fécond de donner notre temps, en étant animés par un esprit missionnaire ».

L’amour de Jésus pour tous

« Il s’agit, a-t-il précisé, d’aller à la rencontre de ceux qui sont à la recherche de la vérité, d’allumer une lumière dans le cœur de ceux qui marchent dans les ténèbres, de semer la paix, la joie et l’espérance dans le cœur de ceux qui souffrent de solitude, d’angoisse, d’injustices. »

Et il s’agit, pour les nonces, d’œuvrer au « progrès spirituel de ces populations » vers lesquelles ils sont envoyés.

Pour le cardinal, « le fait d’être envoyé pour soutenir les fragilités, les faiblesses et les défaites des hommes est un ministère qui n’est pas exceptionnel et occasionnel mais c’est un ministère normal et fondamental auquel l’Église s’identifie et dans lequel elle manifeste son origine divine ».

Le cardinal a souligné que la « crédibilité » de l’Eglise résidait « dans la capacité à dépasser les limites de son enclos », pour être « une communauté capable de montrer l’amour de Jésus pour tous ».

Le soutien de l’Eucharistie

Dans leur mission, les nonces ne sont pas seuls, a aussi souligné le cardinal : ils sont « accompagnés par notre affection, notre estime et notre gratitude » et ils seront « surtout soutenus par la force de l’Eucharistie ».

En effet, a-t-il expliqué, « le ministère liturgique, principalement la célébration eucharistique, nous introduit de manière particulière dans le mystère pascal de Jésus ; il nous porte à imiter ce que nous administrons et nous rend profondément participants de la charité de celui qui se donne à ses frères dans le pain eucharistique.

« En tant que guides du peuple de Dieu, nous nous sentons poussés par la charité du Bon Pasteur pour veiller, garder et défendre le troupeau, avec toute notre énergie et dans un esprit de sacrifice », a-t-il ajouté.

Enfin, a-t-il conclu, « l’amour, la charité pastorale, constitue le noyau et la forme de la spiritualité du service épiscopal et c’est l’âme des trois fonctions pastorales : le ministère de la Parole, du culte liturgique et de la conduite du peuple de Dieu ».

Hélène Ginabat, avec Anne kurian