Notre Dame de Fatima à Rome, par Mgr Tuzia

Et l'importance de la prière du chapelet

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Salvatore Cernuzio et  H. Sergio Mora

Traduction d’Océane Le Gall

ROME, mardi 15 mai 2012 (ZENIT.org) – Comme chaque année, le 13 mai, la ville de Rome a accueilli la statue de Notre-Dame de Fatima, à l’occasion de la Journée nationale du pèlerin.

Le pèlerinage a marqué deux étapes, suivies en liaison directe avec le sanctuaire de Fatima : la basilique Saint-Jean-du-Latran et la paroisse Sainte-Marie-des-Grâces-aux-Fornaci, où la statue de la Vierge restera jusqu’à dimanche prochain, 20 mai.

Un concert et al prière du chapelet ont ouvert les cérémonies en la basilique du Latran où le cardinal vicaire de Rome, Agostino Vallini, a présidé la messe.

Dans son homélie, le cardinal Vallini a exhorté les catholiques à deux engagements : le premier en faveur des jeunes « qui se sentent découragés par toutes les difficultés qui viennent entraver leur droit à se bâtir un avenir », et doivent pouvoir trouver au sein de leurs familles « des témoignages d’amour et d’espérance » qui les aident à avancer ; le second en faveur des plus petits, des adolescents qui doivent apprendre à prier », chez eux, dans leurs cadres de vie, à fréquenter la messe, pas seulement dans les grandes occasions, la prière étant « un rayon de soleil qui fait trouver l’amour infini de Dieu ».

De la basilique du Latran, la statue de la Vierge de Fatima a été portée jusqu'à la paroisse des Fornaci, où elle a été accueillie par de grandes manifestations de joie, des applaudissements et des chants. Zenit a rencontré l’évêque auxiliaire pour le secteur ouest de Rome, Mgr Benedetto Tuzia, à l’issue de la célébration.

Zenit - Excellence, vous avez dit dans votre homélie que les paroles prononcées par la Vierge à Fatima en 1917 ne s’adressaient pas uniquement aux trois pastoureaux auxquels elle est apparue, mais à nous tous. En quoi le message de la Vierge de Fatima est-il toujours d’actualité?

Mgr Tuzia - Toute son actualité réside dans les grandes inspirations que ce message suscite et transmet, et qui soulignent les besoins de notre temps : tout d’abord la paix, réclamée dans le contexte de tant d’évènements, grands ou petits ; puis la conversion, c’est-à-dire notre capacité à changer en mieux, à ne pas se laisser emprisonner dans des situations qui ne vont pas. Ces situations, de fait, sont non seulement négatives, mais elles empêchent aussi de marcher vers Dieu, d’atteindre les sommets les plus hauts et les plus nobles. Mais surtout le message de Marie est une invitation à la prière, qui est un soutien pour toutes nos actions, un grand service que nous rendons au monde.

A propos de situations négatives, vous cité la peur, qui semble être un trait caractéristique de la société d’aujourd’hui : peur de l’autre, peur des jeunes face à leur avenir... Comment la Vierge Marie peut-elle aider à surmonter la peur ?

La peur se surmonte en prenant conscience que le Seigneur est avec nous, et la présence de Marie nous le rappelle constamment. Elle-même l’a vécu, quand l’archange Gabriel l’a invitée à ne pas avoir peur de prendre certaines décisions, et lui a dit: « le Seigneur est avec toi ».

Cette attitude d’espérance doit venir de notre conviction que le Seigneur est vraiment avec nous. La Vierge, dans cette démarche, est notre guide et nous dit : « Regardez, je suis à vos côtés ! Vous n’êtes pas seuls pour résoudre vos problèmes, vous avez ma force et mon intercession ».

Lors de l’audience générale de mercredi dernier, Benoît XVI a appelé les jeunes à ne pas abandonner la tradition du chapelet, surtout en ce mois de Marie...

En effet! Le chapelet est vu, hélas, comme une pratique répétitive. Et peut-être l’est-elle, c’est vrai. Mais lorsque l’on s’adresse à une personne aimée, les mots et les expressions sont toujours les mêmes – « je t’aime,  etc… » – car nous voulons confirmer nos sentiments. Donc, célébrer les louanges de Marie en priant le rosaire est une manière d’exprimer, instant après instant, les sentiments d’amour et de foi que nous éprouvons pour cette Mère miséricordieuse.

Prier le rosaire est fondamental?

Non seulement c'est important, mais c’est beau aussi ! J’espère que les jeunes surtout, aujourd’hui habitués à des prières plus spontanées et enthousiastes, sauront redécouvrir la beauté de cette forme de prière. C’est comme si, en effet, grâce à son côté répétitif, le chapelet « dictait un rythme », ponctuait de manière ordonnée le « souffle » de notre vie.