"Nous avons appris de Benoît XVI le silence intérieur et extérieur"

Hommage de l'Université pontificale grégorienne

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1647 clics

« Nous avons appris du Saint-Père l’importance du silence intérieur et extérieur », déclare le P. Dumortier, recteur de l’Université pontificale grégorienne.

« Apprenons de Benoît XVI, la foi dans la vérité, vivante et libératrice » : c’était le thème de l’homélie du P. François-Xavier Dumortier, lors d’une messe d’action de grâce pour le pontificat de Benoît, hier soir, 25 février 2013, en l’Eglise du « Gesù » à Rome.  

« Nous sommes ici comme une famille qui désire exprimer sa proximité et son affection, son admiration et sa gratitude envers le pape Benoît XVI. Nous sommes réunis avec des sentiments de grande émotion et de profond respect », a déclaré le P. Dumortier en préambule, invitant au recueillement devant le départ de Benoît XVI : « Ce sont des moments qui ne laissent pas beaucoup de place à la parole, mais nous portent avant tout et surtout à la prière. »

Le silence intérieur et extérieur

Le P. Dumortier a invité à méditer sur la personne et le style de communication de Benoît XVI: « Nous avons appris du Saint-Père l’importance du silence intérieur et extérieur, parce que “c’est seulement dans le silence que la Parole peut trouver demeure en nous”, car dans le silence les yeux du cœur peuvent se réorienter vers Dieu ».

Le recteur a rendu hommage au pape : « Comme toujours, sans beaucoup de paroles, [Benoît XVI] nous a rappelé ce qui est au cœur de la foi. Il l’a fait à sa façon, sobre et paternelle, qui signifiait respect et confiance. Respect de l’autre et confiance dans l’Esprit qui habite en chacun. »

« Nous avons vu – et même contemplé – tant de fois cette simplicité d’un homme peu enclin au sensationnel, cette présence humble et souriante », a-t-il ajouté.

Dans une écoute attentive de Dieu

Pour le P. Dumortier, les caractéristiques de son pontificat ont été « la sequela Christi, la rencontre avec le ressuscité, le service de l’Eglise, le courage de la vérité, l’intelligence de la foi ».

Durant ces huit ans en effet, le pape « nous a encouragé inlassablement à suivre et à aimer le Seigneur sur le chemin de la miséricorde et de l’amour, un chemin qui va du passé vers l’avenir, qui traverse le monde comme une flèche de feu, et qui implique autant le cœur que l’intelligence », a-t-il souligné.

Benoît XVI a donné l'exemple d'un pape « toujours au service du Seigneur et de l’Eglise », y compris « à travers les difficultés, les obstacles et les épreuves », et il restait « ferme » parce que « profondément enraciné dans une écoute attentive à ce Dieu qui nous a parlé et continue à nous parler », a ajouté le recteur.

La force de la vérité est libératrice

Le P. Dumortier a rendu un hommage appuyé au travail de Benoît XVI au service de la vérité : « il a voulu et osé affronter les réalités les défis du mal dans leur diversité et jusqu’à l’intérieur de l’Eglise ; nous ne pourrons pas oublier sa liberté et sa détermination impressionnante en refusant tout ce qui oppose de la résistance à la vérité ou la nie. »

Un travail incontournable dans l’Eglise car « la force de la vérité est libératrice et il est important d’avoir le courage de regarder la réalité en face, pour obéir au Seigneur ».

Ainsi, « le courage de la vérité et la lutte spirituelle pour la vérité » dont a fait preuve Benoît XVI « ouvrent le chemin d’une foi toujours plus profonde, toujours plus vraie ».

Dans cette optique, « l’Eglise chemine avec la grâce de Dieu sur les chemins de l’histoire, dans la conscience que ce n’est pas le pouvoir du monde qui peut sauver, mais le pouvoir de la Croix, de l’humilité et de l’amour », a poursuivi le P. Dumortier.

Le service de l’intelligence de la foi

Il a rappelé enfin à l’attention des membres de l’Université pontificale que « le Saint-Père nous a appelés à nous dédier à l’intelligence de la foi avec tout l’engagement et le dévouement de ceux qui savent que de nombreux défis de notre temps ont besoin des ressources de la raison, de la connaissance de notre tradition et de la conscience des problématiques d’aujourd’hui. »

Il s’agit donc, a-t-il encouragé, « de nous engager sans peur dans ce service de l’intelligence pour faire parvenir à l’homme d’aujourd’hui le message de la foi, Parole qui fait vivre et espérer ».

Demain, mercredi 27 février, les cours seront suspendus à l’Université, pour permettre à tous de participer à la dernière audience générale de Benoît XVI, place Saint-Pierre.