« Nous étions heureux et enthousiastes » : souvenirs de Benoît XVI

Retraite aux flambeaux place Saint-Pierre, 11 octobre 2012

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ROME, samedi 13 octobre 2012 (ZENIT.org) – « Nous étions heureux et enthousiastes » : Benoît VI se souvient du premier soir du Concile Vatican II, auquel il a participé en tant qu’expert du cardinal Joseph Frings, archevêque de Cologne.

« L’Eglise belle, du Concile » : c’est sur ce thème que l’Action catholique italienne a organisé un moment de réflexion, de prière, de témoignage et de fête, en collaboration avec le diocèse de Rome, au soir du 11 octobre, à l’occasion de l’ouverture de l’Année de la foi, et en souvenir de la retraite aux flambeaux du 11 octobre 1962,  jour de l’ouverture de Vatican II. De sa fenêtre, le pape Jean XXIII avait salué la foule avec son fameux « discours à la lune ».

La procession est partie à 19 h 30 du Château Saint-Ange. A l’arrivée place Saint-Pierre, des témoignages ont alterné avec des moments de prière. Après l’intervention du cardinal Agostino Vallini, vicaire du pape pour le diocèse de Rome, le pape Benoît XVI est apparu à la fenêtre de son bureau, à 21 h. Avant de bénir les milliers de personnes présentes, il leur a confié quelques souvenirs, d’abondance du coeur.

Allocution de Benoît XVI :

Chers frères et sœurs,

Bonsoir à vous tous et merci d’être venus. Merci aussi à l’Action catholique italienne qui a organisé cette retraite aux flambeaux.

Il y a cinquante ans, en ce jour, j’étais moi aussi ici, sur la place, le regard tourné vers cette fenêtre, où est apparu le bon pape, le bienheureux pape Jean, et il nous a dit des paroles inoubliables, paroles pleines de poésie, de bonté, paroles du cœur.

Nous étions heureux, dirais-je, et pleins d’enthousiasme. Le grand concile oecuménique était inauguré ; nous étions sûrs qu’un nouveau printemps de l’Eglise allait venir, une nouvelle Pentecôte, avec une nouvelle présence forte de la grâce libératrice de l’Evangile.

Aujourd’hui aussi, nous sommes heureux, nous portons la joie au fond de notre cœur, mais je dirais, une joie peut-être plus sobre, une joie humble. Au cours de ces cinquante années, nous avons appris et fait l’expérience du fait que le péché originel existe, et qu’il se traduit, toujours à nouveau dans des péchés personnels, qui peuvent aussi devenir des structures de péché.

Nous avons vu que dans le champ du Seigneur il y a toujours l’ivraie. Nous avons vu que dans le filet de Pierre se trouvent aussi de mauvais poissons. Nous avons vu que la fragilité humaine est présente aussi dans l’Eglise, que la barque de l’Eglise navigue aussi avec des vents contraires, avec des tempêtes qui menacent la barque et parfois nous avons pensé : « le Seigneur dort et il nous a oubliés ».

Voilà une partie des expériences faites pendant ces cinquante ans, mais nous avons aussi eu une nouvelle expérience de la présence du Seigneur, de sa bonté, de sa force. Le feu de l’Esprit Saint, le feu du Christ, n’est pas un feu dévorant, destructeur ; c’est un feu silencieux, c’est une petite flamme de bonté, de bonté et de vérité, qui transforme, donne lumière et chaleur.

Nous avons vu que le Seigneur ne nous oublie pas. Aujourd’hui aussi, à sa façon, humble, le Seigneur est présent, et il réchauffe les cœurs, montre la vie, crée des charismes de bonté et de charité qui illuminent le monde, et qui sont pour nous la garantie de la bonté de Dieu. Oui, le Christ est vivant, il est avec nous aujourd’hui aussi, et nous pouvons être heureux aujourd’hui aussi, parce que sa bonté ne s’éteint pas: elle est forte aujourd’hui aussi !

Enfin, j’ose faire miennes les paroles inoubliables du pape Jean : « Rentrez chez vous, donnez un baiser à vos enfants, et dites que c’est celui du pape ».

« Dans ce sens, de tout cœur, je vous accorde ma bénédiction (…) »

© Libreria Editrice Vaticana

Traduction de Zenit, Anita Bourdin