ONU : Chercher à prévenir les maladies du grand âge

Intervention de Mgr Tomasi contre l'euthanasie

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ROME, Vendredi 16 septembre 2011 (ZENIT.org)– Le Saint-Siège demande aux médecins de chercher à prévenir les maladies du grand âge et de refuser la tentation de l’euthanasie.

MgrSilvano M. Tomasi, observateur permanent du Saint-Siège à l’ONU et aux agences de Genève est en effet intervenu ce 16 septembre lors de la 18esession du Conseil des Droits de l’Homme consacrée au thème : « Etude thématique sur la réalisation du droit à la santé des personnes âgées ».

Le Saint-Siège « exhorte les scientifiques et les médecins à orienter la recherche vers la prévention et la menace de maladies liées au grand âge, sans jamais céder à la tentation d’avoir recours à des pratiques qui abrègent la vie des personnes âgées et des malades, des pratiques qui seraient en fait des formes d’euthanasie », a déclaré Mgr Tomasi, citant des paroles de Benoît XVI.

Les personnes de plus de 60 ans étaient environ 760 millions dans le mondefin 2010 et pourraient être un milliard à l’horizon 2020, notamment avec un accroissement dans le monde en développement, a fait observer Mgr Tomasi d’après l’Organisation mondiale de la Santé : un phénomène démographique qui s’accompagne de « défis » dans différents domaines.

Le rapport du Conseil des Droits de l’Homme souligne aussi que « la promotion et la protection des droits humains des personnes âgées n’est pas seulement de l’intérêt des seniors, mais devrait aussi être une préoccupation de tous, puisque chacun vieillit ».

Le rapport préconise la fin d’une vision de la vieillesse comme un « phénomène pathologique ou anormal » qui en somme considère le grand âge comme une maladie, pour une vision d’une « vieillesse active », visant à promouvoir la santé, la participation, et la sécurité, c'est-à-dire la « qualité de vie » des seniors.

Mgr Tomasi rappelle que l’Eglise catholique gère dans le monde 15.448 maisons pour personnes âgées malades chroniques ou handicapées et les considère comme une « bénédiction » plutôt que comme un « fardeau » pour la société.

Il fait aussi observer que « chaque génération peut apprendre de l’expérience de sagesse de la génération précédente » et que la prise en considération des seniors n’est pas tant à considérer comme « un acte de générosité » que comme le « paiement d’une dette de gratitude », selon les paroles de Benoît XVIà la résidence St. Peter, à Londres, le 18 Septembre 2010.

C’est pourquoi la délégation du Saint-Siège est d’accord avec les recommandations du Rapporteur spécial qui demande aux Etats d’allouer des subventions plus importantes pour les soins médicaux en gériatrie, notamment pour une formation adéquate de tout le personnel, spécialement en ce qui concerne le « droit à la santé » des personnes âgées, de façon à éviter des discriminations à leur encontre.

Le même rapport préconise de permettre aux personnes âgées d’exercer leur « liberté » de façon à « décider de leur santé en toute indépendance », sans « l’interférence de l’Etat », et qu’il leur soit garantie une protection sanitaire et sociale en accord avec leur âge, incluant eau et soins médicaux, nourriture, éducation et logement.

Le Saint-Siège salue une autre recommandation visant à protéger les personnes âgées de tout « abus » physique ou émotionnel de la part du personnel soignant comme des membres de leur famille.

Enfin, Mgr Tomasi insiste sur l’importance du développement des soins palliatifs, rappelant que l’Eglise catholique sponsorise de nombreux programmes de ce type pour accompagner les personnes âgées ou gravement malades dans la phase finale de leur vie « avec dignité » et faisant le maximum pour diminuer « l’inconfort et la douleur ».

« Nous croyons fermement, a insisté Mgr Tomasi, que la vie est un don et personne n’a le soi-disant « droit » d’y mettre un terme, que la mort est le sommet d’un processus naturel et que personne, même la personne âgée ou souffrante elle-même, n’a le droit de causer ou de hâter le processus naturel de la mort, par des moyens bio-médicaux ou autres ».

Anita S. Bourdin