ONU : l'illettrisme, une honte collective

Par Mgr Chullikatt

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 637 clics

L’illettrisme est « une honte collective pour les gouvernements, les dirigeants du monde et la communauté internationale », déclare le Saint-Siège qui plaide pour « l'accès universel à l'éducation » afin que « les riches ressources de l'ingéniosité humaine » soient exploitées pour le bien de l'humanité.

Mgr Francis A. Chullikatt, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies de New-York, a pris la parole lors de la 4e session du Groupe de travail sur les objectifs du développement durable, sur le thème « Emploi et travail décent pour tous, protection sociale, jeunesse, éducation et culture », le 18 juin 2013.

Droit à l’éducation  pour tous

Pour le Saint-Siège, les travaux de la session doivent commencer par l’éducation : « sans éducation les jeunes n'ont pas les connaissances nécessaires pour la vie adulte, les adultes n'ont pas les compétences nécessaires pour s'adapter à l'évolution des milieux de travail et la sagesse des personnes âgées n’est pas transmise de génération en génération ».

A cet égard, la solidarité intergénérationnelle « trouve ses racines dans la nécessité d'éduquer ses enfants afin qu'ils puissent devenir des citoyens sains, productifs et responsables », estime l’archevêque.

La famille joue « un rôle essentiel » dans l’éducation : elle fournit « les premières leçons de relations interpersonnelles, transmet des valeurs culturelles, éthiques, sociales et spirituelles, ainsi que de nombreuses compétences qui servent à promouvoir le bien commun de la société ».

Le Saint-Siège appelle donc les décideurs à « respecter et promouvoir ce rôle fondamental de la famille ».

En tant que « premiers éducateurs de leurs enfants », les parents ont « le droit de fonder et de soutenir les établissements d'enseignement », eux aussi essentiels à l’apprentissage, souligne Mgr Chullikatt, qui déplore que « 250 millions d'enfants et 750 millions d’adultes ne sachent pas lire, écrire ou compter » alors que « l'innovation technologique » avance à un rythme toujours croissant.

« C'est une honte collective pour les gouvernements, les dirigeants du monde et la communauté internationale », insiste-t-il, demandant « de placer le droit à l'éducation pour tous au centre de tous les efforts pour le développement durable » : « Grâce à l'accès universel à l'éducation et en respectant les différents besoins de chaque pays, les riches ressources de l'ingéniosité humaine pourront être exploitées pour le bien de toute la société. »

Eradiquer la pauvreté extrême

L'éducation et la famille sont inséparables du « travail », poursuit-il : « Le travail est la condition qui rend possible l'établissement de la famille et son soutien. »

Le Saint-Siège s’inquiète du chômage et du manque de travail décent « persistant aujourd'hui chez les personnes de tous les âges et dans tous les pays », une situation d’injustice sociale qui « sape la liberté » et « étouffe la créativité humaine ».

Les politiques « devraient être orientées vers l'objectif de fournir un travail complet et décent pour tous », ce qui implique « l'adoption de mesures de protection sociale pour garantir le respect des droits du salarié ».

Mgr Chullikatt condamne à ce sujet le « fléau » du travail des enfants, et dénonce les conditions de vie de 400 millions de travailleurs « qui vivent encore dans l'extrême pauvreté, soit avec moins de 1,25 dollar par jour », et de 32% des travailleurs qui « gagnent moins de 2 dollars par jour ».

L’éradication de la pauvreté extrême commence par assurer des conditions de vie décente à ceux qui travaillent, ajoute l’archevêque qui énumère les droits du travailleur : « juste salaire, vie décente et habitat décent, droit au repos, environnement de travail sûr, droit à la conscience personnelle et à l'intégrité morale, à la retraite, au soutien dans le chômage, à la sécurité sociale en cas de maternité, droit de se réunir et de former des associations ».