ONU : Le Saint-Siège avocat du « droit à la vie » des personnes handicapées

Intervention de Mgr Migliore

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ROME, Jeudi 14 décembre 2006 (ZENIT.org) – Le Saint-Siège s’est fait l’avocat du « droit à la vie » des personnes handicapées, lors de la 76e session plénière de l’Assemblée générale de l’ONU, sur le thème des « Droits de l’homme , et spécialement sur « la protection et la Promotion des Droits et de la Dignité des personnes porteuses de handicaps ».



L’Observateur permanent du Saint-Siège, Mgr Celestino Migliore est intervenu sur ce thème hier à New York, à l’occasion, rappelait-il de l’adoption de la Convention sur les Droits des personnes porteuses de handicaps. Le texte est publié aujourd’hui en anglais sur le site du Vatican, à la page de la salle de presse du Saint-Siège.

Mgr Migliore dit l’impossibilité pour le Saint-Siège de signer la Convention en dépit de ses aspects positifs. Et ceci pour un article.

« Ma délégation considère, explique-t-il, que le potentiel positif de cette Convention ne se réalisera que lorsque les dispositions légales nationales et leur mise en œuvre par toutes les parties seront en plein accord avec l’article 10 sur le droit à la vie des personnes handicapées ».

« Protéger les droits, la dignité et la valeur des personnes porteuses de handicap demeure une préoccupation majeure pour le Saint-Siège », a annoncé d’emblée Mgr Migliore.

« Le Saint-Siège, rappelait-il, a constamment demandé que les personnes handicapées soient intégrées complètement dans la société et avec compassion, convaincu qu’elles possèdent pleinement des droits humains inaliénables. C’est pourquoi dès le début, ma délégation a été un partenaire constructif et actif dans ces négociations ».

Dans cette Convention, Mgr Migliore saluait les passages traitant de l’éducation, de la famille, et de la maison, mais souligne avant tout ce qu’il identifie comme le « cœur » du document : « la réaffirmation du droit à la vie ».

« Pendant trop longtemps, trop de vies de personnes porteuses de handicap ont été dévaluées ou considérées comme diminuées quant à leur dignité et à leur valeur ».

« Ma délégation a travaillé assidûment pour faire de ce texte la base sur laquelle appuyer cette affirmation, et assurer la pleine jouissance de tous les droits humains par des personnes handicapées ».

Mgr Migliore faisait à ce propos quelques remarques sur le texte.

Pour ce qui concerne l’art. 18, concernant la liberté de mouvement et de nationalité, et de l’art. 23 affirmant le respect de la maison et de la famille, le Saint-Siège, disait-il, « interprète cela d’une façon qui sauvegarde le droit premier et inaliénable des parents ».

A propos des passages concernant les services de planning familial, de la régulation de la fertilité, et du mariage (art. 23), et l’emploi du mot « gender », le Saint-Siège exprime les mêmes réserves qu’aux conférences du Caire et de Pékin.

Mais surtout, dans l’art. 25, sur la santé et spécifiquement en rapport avec la « santé sexuelle et reproductive », Mgr Migliore fait observer que le Saint-Siège « entend accès à la santé reproductive comme étant un concept holistique qui ne considère pas l’avortement ou l’accès à l’avortement comme une dimension des ces termes ».

Plus encore, Mgr Migliore rappelle le « consensus » n’atteint que le fait que « cet article ne crée pas de nouveaux droits internationaux » et entend seulement « assurer que le handicap d’une personne ne soit pas utilisé comme base pour refuser un service de santé ».

Cependant, même avec cette réserve, le Saint-Siège répète son opposition à « l’inclusion d’une telle phrase dans cet article, parce que, dans certains pays, les services de santé reproductive incluent l’avortement, refusant ainsi le droit inhérent à la vie de toute être humain », un droit affirmé par « l’article 10 de la Convention ».

« Il est certainement tragique, ajoutait Mgr Migliore, qu’alors qu’un défaut du fœtus est une condition préalable pour offrir ou employer l’avortement, la même Convention, créée pour protéger les personnes handicapées de toute discrimination, dans l’exercice de leurs droits, pourrait être utilisée pour refuser le vrai droit fondamental à la vie des personnes handicapées encore à naître ».

C’est pour cette raison, qu’en dépit de nombreux articles très utiles, il est impossible au Saint-Siège de signer cette convention, affirme Mgr Migliore.