ONU: le Saint-Siège demande la libération des évêques d'Alep

Et plaide pour les réfugiés

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 585 clics

A la tribune de l'ONU, le Saint-Siège demande la libération de Paul Yazigi, de l'Eglise grecque orthodoxe et Mar Gregorios Yohanna Ibrahim, de l'Eglise syriaque orthodoxe, les deux métropolites d'Alep enlevés en Syrie, le 22 avril dernier.

Il appelle aussi la communauté internationale à « agir en faveur des organismes et des pays qui accueillent ceux qui fuient les combats », y compris « financièrement ».

Mgr Francis A. Chullikatt, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies de New-York, est intervenu sur l'adoption de la résolution « La situation dans la République arabe syrienne » dans le cadre du débat sur « la prévention des conflits armés ».

L’archevêque a exprimé la « vive inquiétude » du Saint-Siège pour « la spirale incessante de la violence » que subit la Syrie depuis plus de deux ans : la cessation immédiate du « bain de sang » et des « violations continuelles des droits de l'homme » est une priorité pour « éviter l'abandon du peuple syrien à un avenir violent et incertain ».

Il incombe à « tous les individus et les institutions étatiques ou internationales » de « trouver une solution durable digne de la dignité du peuple de cette grande nation », a-t-il insisté.

Aider les pays d’accueil

Le Saint-Siège a appelé notamment la communauté internationale à « agir en faveur des organismes et des pays qui accueillent ceux qui fuient les combats », une aide qui doit être aussi « financière ».

Pour Mgr Chullikatt, il s’agit d’une « urgence particulière » : en effet, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, « les conséquences d'un effondrement des plus fragiles de ces pays seraient de nature à constituer une crise humanitaire sans précédent avec les conséquences les plus graves pour l'ensemble de la communauté internationale ».

La situation exige donc « non pas des actes de simple générosité », mais des actes « capables de générer et de maintenir la paix, la sécurité et le bien commun de toute la communauté internationale ».  

Protection des hôpitaux

En Syrie, a ajouté l’archevêque, il est nécessaire que les parties du conflit « reconnaissent leurs propres obligations au regard du droit international humanitaire », en garantissant « un accès immédiat et sans dangerdes travailleurs humanitaires » auprès des populations les plus pauvres.

Le Saint-Siège a demandé également « la protection des établissements de santé », qui sont victimes « d'attaques délibérées » ou bien victimes indirectes « des effets de la violence armée ».

En outre, souvent « la liberté nécessaire et la sérénité pour accomplir leur mission » n’est pas garantie aux personnels de santé et même « ils sont forcés d'enfreindre leur propre déontologie » en refusant des soins, alors qu’ils devraient être « pour tous les blessés, sans distinction aucune », a-t-il dénoncé.

Participation de tous

Aujourd’hui, a poursuivi Mgr Chullikatt, la reconstruction du tissu social syrien demande « la participation de tous les partis politiques et des différentes composantes de la société civile, y compris des représentants des divers groupes religieux ».

Cette reconstruction doit « être fondée sur les principes de droits de l'homme et des libertés fondamentales, sur la primauté du droit et la bonne gouvernance des affaires publiques, ainsi que sur le respect des identités ethniques et religieuses diverses », a-t-il souligné.

Avec une pensée particulière pour « quelques-unes des plus anciennes communautés chrétiennes du monde, datant du premier siècle » présentes en Syrie, le Saint-Siège a de nouveau appelé à la « libération rapide des innocentes victimes d'enlèvements par des groupes armés, dont les deux évêques métropolitains Paul Yazigi de l'Eglise grecque orthodoxe et Mar Gregorios Yohanna Ibrahim de l'Eglise syriaque orthodoxe ».

Il a souhaité en conclusion « que tous les Syriens puissent revenir à cette coexistence pacifique et harmonieuse qui a été la marque de la société syrienne depuis des siècles ».