ONU : « Les victimes du Darfour ne sont pas de simples statistiques »

Intervention de Mgr Tomasi à Genève

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ROME, Jeudi 14 décembre 2006 (ZENIT.org) – « Les victimes du Darfour ne sont pas de simples statistiques, ce sont des personnes réelles », proteste l’Observateur permanent du Saint-Siège à Genève, Mgr Silvano Tomasi, lors de la quatrième session du Conseil sur les Droits de l’Homme. Une synthèse de l’agence Fides.



« Pendant trois ans le Saint-Siège a suivi avec une grande préoccupation la terrible souffrance de la population impliquée dans les conflits tragiques qui éclatent à intermittence dans la région soudanaise du Darfour » affirme Mgr Silvano M. Tomasi, Observateur Permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies et des Organisations Internationales à Genève, dans son intervention, qui a eu lieu le 12 décembre, à la quatrième Session du Conseil des Droits de l’Homme consacrée à la situation dans le Darfour.

« La situation sur le terrain montre une violation terrifiante des droits de l’homme » poursuit la déclaration envoyée à l’agence Fides. Parmi les horreurs dénoncées il y a des meurtres d’enfants, des abus sexuels et des viols de femmes et de jeunes filles, des déracinements forcés de la population, des incendies de villages, des attaques de camps de réfugiés, des assauts au détriment de civils innocents. Mgr Tomasi souligne non seulement les effets immédiats de ces crimes mais aussi les conséquences à long termes : « la destruction de l’agriculture limite gravement la production de nourriture ; les rapports entre les différents groupes seront difficile à améliorer ; le danger d’une déstabilisation régionale augmente ; les réfugiés traumatisés auront de plus en plus de difficultés à recommencer à vivre ».

Le représentant du Saint-Siège souhaite que le Conseil sur les Droits de l’Homme de l’ONU devienne « le troisième pilier du système des Nations Unies, avec deux autres, celui pour le développement et celui pour la sécurité. Le devoir urgent est d’arrêter la violence, les destructions et l’impunité. Les victimes ne sont pas de simples statistiques, ce sont des personnes réelles. L’action pour mettre fin aux massacres doit prévaloir sur les accords politiques et sur les intérêts commerciaux ».

Mgr Tomasi invoque « une coopération active entre les Nations Unies, l’Union Africaine et le gouvernement soudanais » pour mettre fin aux violences, améliorer les rapports entre les pays de la région et permettre aux populations de reconstruire leurs vies ».

« Le conflit du Darfour est l’un des plus grands défis humanitaires, mais c’est aussi une occasion d’affronter différents problèmes endémiques par un nouveau mode de collaboration, pour créer ainsi un avenir d’espérance pour le Soudan et pour le continent africain entier, en allant au-delà des intérêts régionaux et internationaux. La crise du Darfour a provoqué des débats et des protestations internationales, mais des actions insuffisantes. Le Conseil a la possibilité concrète d’offrir un compromis constructif, centré sur la situation des victimes. De cette façon la communauté internationale ne répètera pas en vain « plus jamais », mais entreprendra des actions de solidarité et de soutien pour une solution globale, juste et durable » conclut le représentant du Saint-Siège.