ONU : modérer la consommation d'eau

Appel du Saint-Siège

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 596 clics

Le Saint-Siège appelle les personnes de bonne volonté à modérer leur consommation d’eau, car « l'utilisation superflue de l'eau a des effets directs et indirects », sur d'autres personnes qui ne bénéficient pas de ressources suffisantes.

Mgr Francis A. Chullikatt, observateur permanent du Saint-Siège aux Nations-Unies de New-York, a pris la parole lors de la 3e session du Groupe de travail sur les objectifs du développement durable, sur le thème « Eau et assainissement », le 24 mai 2013.

L’archevêque dénonce « une triste réalité » : « aujourd'hui plus de 800 millions de personnes n'ont pas accès aux ressources en eau, et des millions d'autres sont sans approvisionnement en eau sûre et durable ». En outre, « 1/3 de la population mondiale vit sans réel système d'assainissement ».

Pour le Saint-Siège, ces personnes « ne sont pas seulement des numéros, ce sont 2,5 milliards de nos frères et sœurs ». La réponse qui leur est due consiste en une « utilisation responsable et solidaire des biens de la terre ».

L’accès pour tous à l’eau et à l’assainissement, « nécessités fondamentales de la vie », exige « un sens renouvelé de solidarité, de responsabilité et d'action », souligne Mgr Chullikatt, qui souhaite que les « promesses d’action » se traduisent en « célébrations de succès ».

Souhaitant « des efforts renouvelés » aux niveaux « politique et social » mais aussi au niveau « personnel », il appelle « toutes les personnes de bonne volonté » à « modérer leur consommation » en reconnaissant leur « responsabilité individuelle ».

L’eau en effet « constitue un système mondial », et même s'il n'y a pas de « lien direct entre la consommation et la disponibilité dans deux endroits différents », « d'autres connexions indirectes existent ». « L'utilisation superflue de l'eau a des effets directs et indirects sur d'autres personnes qui ne vivent pas avec des ressources abondantes en eau douce ».

L’archevêque déplore la « lenteur » et « l’hésitation » de la part des gouvernements et des organisations internationales à ce sujet. Il fait observer que ces besoins fondamentaux de l’homme devraient avoir la « priorité » sur « la promotion des soi-disant "nouveaux" droits de l'homme » (dont les "droits sexuels et reproductifs").

Sur le plan politique, les décisions doivent être guidées par « le service de la personne humaine » et non par « la poursuite d'incitations économiques ». Il s’agit d’adopter des politiques et des programmes qui « visent d’abord la question du «comment» répondre efficacement aux besoins des communautés », et non pas en termes d’avantages économiques.

Pour « une utilisation durable harmonieuse des ressources naturelles en vue du bien commun mondial », le Saint-Siège propose « la création d'autorités compétentes – dans la société civile et le secteur privé – aux niveaux régional et transfrontalier, pour la gestion conjointe et intégrée, équitable, rationnelle et solidaire des ressources communes ».

En conclusion, le Saint-Siège estime qu’on ne peut se satisfaire des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) qui entendent réduire de moitié la proportion des personnes en manque d’eau potable : ce devrait être une éradication complète.