Opération « Lumière de Bethléem » à travers l’Europe et le monde : un message de paix

Entretien avec l’aumônier général des scouts et guides de France

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ROME, Vendredi 22 décembre 2006 (ZENIT.org) – Lancée il y a 20 ans par une radio autrichienne, l’opération « lumière de la paix de Bethléem » est une coutume suivie par des centaines de scouts et guides d’Europe et du monde au moment de Noël.



Le week-end dernier, la délégation autrichienne qui était allée, le 30 novembre, allumer « la flamme » à l’intérieur de la grotte de la Nativité de Jésus, est rentrée à Vienne, attendue par des centaines de jeunes d’Europe et d’ailleurs qui depuis dimanche répandent son éclat dans leurs pays respectifs, pour transmettre la paix à chacun.

L’abbé Jean-Marie Mallet-Guy, aumônier général des scouts et guides de France, a accueilli à Paris les 17 membres de la délégation française. Il a fait part à Zenit de l’importance d’une telle opération à la veille de Noël.

Zenit : L’opération lumière de Bethléem en est à sa 20ème édition. Quel accent lui a-t-on donné cette année ?

Abbé J.M Mallet-Guy : Bien que le thème générique soit « semer la paix », chaque année nous avons un thème un peu plus particulier. Cette année nous avons mis l’accent sur « partager la paix avec tous » pour que nuls ne puissent être exclus de ce message de paix que l’on peut se transmettre au nom de la naissance de Jésus, mais aussi au nom d’un monde qui doit naître à la paix.

Zenit : Que retiennent tous ces jeunes d’une telle opération ?

Abbé J.M Mallet-Guy : Dimanche, lors de notre rencontre, dans l’église Saint-Vincent-de-Paul à Paris, certains nous ont dit combien leur présence à Vienne les avait touchés. Ils ont touché du doigt que par un geste tout simple on peut construire une vraie chaîne de fraternité. Ils prennent beaucoup d’initiatives pour transmettre la flamme autour d’eux, chez un voisin, dans une maison de retraite, une prison, à l’occasion de Noël.

Zenit : En quoi l’opération « Lumière de paix de Bethléem » entre-t-elle dans le cadre d’une démarche d’éducation non formelle des jeunes ?

Abbé J.M Mallet-Guy : C’est une démarche d’éducation. Mais une éducation qui se fonde sur le message de Noël. C’est en fait une mise en pratique du message « Paix aux hommes de bonne volonté » et tout l’Evangile du Christ va se jouer à travers cette parole de Dieu. C’est aider les jeunes à découvrir qu’ils doivent être aussi des artisans de la paix. Baden-Powell disait : « Soyez des citoyens utiles, actifs, heureux et artisans de paix ». Le scoutisme a comme mission de dire que la fraternité humaine est possible. Et ce geste de la lumière de la paix est un geste simple et c’est parce qu’il est simple qu’il est fort.

Zenit : La dimension œcuménique est-elle importante dans cette opération ?

Abbé J.M Mallet-Guy : Oui, et cela a toujours été le cas. A Vienne, la cérémonie qui a eu lieu dans la cathédrale rassemblait des fidèles de confessions religieuses très différentes : protestants, luthériens, orthodoxes, catholiques. Et dès le départ en France, lorsque nous avons lancé l’opération, nous l’avons organisée et animée véritablement avec les responsables des scouts unionistes, d’obédience protestante. Et d’ailleurs, notre délégation comprenait aussi bien des protestants que des catholiques.

Zenit : Derrière cette opération, on ne peut oublier les chrétiens de Terre Sainte qui vivent une situation dramatique. Le sujet a-t-il été abordé et de quelle manière ?

Abbé J.M Mallet-Guy : Dimanche matin, quand j’ai pris la parole devant toutes les délégations de France venues accueillir la flamme de la paix, j’ai dit : « vous savez, cette lumière vient d’une ville qui est une prison actuellement et c’est le maire de Bethléem qui l’a dit. Cette lumière est dans une lanterne qui est fermée. L’ouvrir pour transmettre la lumière c’est comme faire sortir la colombe de la paix afin qu’elle puisse atteindre tous les cœurs ». J’ai vu les yeux des enfants, leurs visages, qui entendaient ce message. Je crois qu’ils en sont porteurs. Beaucoup de nos groupes scouts ont des liens avec des chrétiens en Palestine, au Moyen-Orient, pour recevoir des témoignages de ce qu’ils vivent.

L’opération nous ramène au cœur de Bethléem. La flamme brille depuis la Terre sainte. Ce sont nos frères du Liban, de Palestine, de Syrie, de Jordanie, qui allument cette lumière de la paix dont le monde a besoin, et qui nous la donnent, car ils sont sur le lieu où il est si dur de faire naître la paix. Ils en savent le prix ! C’est comme s’ils nous disaient : « Faites-la vivre pour que nous, nous soyons toujours fidèles à notre mission d’être les messagers de paix pour le monde ».