Ordination illégitime d’un évêque en Chine : Communiqué du Saint-Siège

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ROME, Dimanche 3 décembre 2006 (ZENIT.org) – Nous reprenons ci-dessous le communiqué publié ce samedi par la salle de presse du Saint-Siège concernant l’ordination épiscopale illégitime qui a eu lieu jeudi 30 novembre à Xuzhou, en Chine continentale.


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Le Saint-Siège estime qu’il est de son devoir de faire connaître sa position concernant l’ordination épiscopale du prêtre John Wang Renlei qui a eu lieu jeudi 30 novembre u. s., à Xuzhou dans la province de Jiangsu (Chine continentale).

1) Le Saint-Père a appris la nouvelle avec une profonde douleur, car l’ordination épiscopale mentionnée ci-dessus a été conférée sans le mandat pontifical, c’est-à-dire sans respecter la discipline de l’Eglise catholique concernant la nomination des Evêques (cf. canon 377, § 1, Code de droit canonique)

2) L’ordination de Xuzhou est la dernière – chronologiquement – des ordinations épiscopales illégitimes, qui tourmentent l’Eglise catholique en Chine depuis désormais quelques dizaines d’années, créant des divisions dans les communautés diocésaines et troublant la conscience de nombreux ecclésiastiques et fidèles. Cette série d’actes extrêmement graves, qui offensent les sentiments religieux de tous les catholiques en Chine et à travers le reste du monde, est le fruit et la conséquence d’une vision de l’Eglise qui ne correspond pas à la doctrine catholique et bouleverse des principes fondamentaux de sa structure hiérarchique. En effet, comme le précise le Concile Vatican II, « On est constitué membre du Corps épiscopal en vertu de la consécration sacramentelle et par la communion hiérarchique avec le Chef du Collège et avec les membres » (Lumen gentium, 22).

3) Le Saint-Siège, qui a pris connaissance au dernier moment du projet d’ordination épiscopale dans le diocèse de Xuzhou, n’a pas manqué d’accomplir les démarches possibles dans le court laps de temps à sa disposition, pour que cet acte qui aurait produit un nouveau déchirement de la communion ecclésiale, n’ait pas lieu. En effet, une ordination épiscopale illégitime est un acte objectivement tellement grave que le droit canonique établit des sanctions sévères pour ceux qui la confèrent et ceux qui la reçoivent, toujours à condition que l’acte soit accompli dans une situation d’authentique liberté (cf. canon 1382 du Code de droit canonique).

4) Il est réconfortant de constater que, malgré les difficultés passées et présentes, la presque totalité des Evêques, les prêtres, les religieux, les religieuses et les laïcs en Chine, conscients d’être des membres vivants de l’Eglise universelle, ont maintenu une profonde communion de foi et de vie avec le Successeur de Pierre et avec toutes les communautés catholiques répandues à travers le monde.

5) Le Saint-Siège est conscient du drame spirituel et de la souffrance de ces ecclésiastiques – Evêques consacrants et Ordinands – qui se trouvent contraints à prendre activement part à des ordinations épiscopales illégitimes, enfreignant ainsi la tradition catholique qu’au fond de leur cœur ils voudraient suivre fidèlement. Celui-ci participe en outre au malaise intérieur des catholiques – prêtres, religieux, religieuses et laïcs – qui se voient obligés d’accueillir un Pasteur qu’ils savent ne pas être en pleine communion hiérarchique ni avec le Chef du Collège des Evêques ni avec les autres Evêques à travers le monde.

6) Pour ce qui concerne les ordinations épiscopales, le Saint-Siège ne peut accepter d’être mis devant le fait accompli. Il déplore par conséquent la manière de procéder dans l’ordination du prêtre Wang Renlei, qui s’est déroulée à Xuzhou, et espère que de tels incidents ne se reproduiront pas à l’avenir.