« Oserons-nous laisser Marie nous entraîner dans la mission ? »

Intentions de prière de Benoît XVI, mai 2012

| 1625 clics

Père Frédéric Fornos, s.j.

ROME, dimanche 29 avril 2012 (ZENIT.org) – « Oserons-nous laisser Marie nous entraîner dans la mission ? », demande le P. Fornos dans cette réflexion sur l’intention de prière missionnaire de Benoît XVI pour mai 2012.

La famille et Marie, accompagnatrice des missionnaires : ce sont les deux intentions de prière de Benoît XVI pour le mois de mai 2012, traditionnellement le mois de Marie.

L’intention de prière universelle est en effet « pour que soient promues dans la société des initiatives qui défendent et renforcent le rôle de la famille ».

L’Apostolat de prière évoque cette intention à l’adresse : http://www.apostolat-priere.org/index.php/derniere-minute.html - avec quelques articles et vidéos.

L’Apostolat de la Prière est le service officiel des intentions de prière du pape. Le Père Frédéric Fornos, sj, qui en est le directeur national pour la France, et le coordinateur européen, commente cette intention pour les lecteurs de ZENIT.

Mais l’Apostolat de prière consacre son numéro de mai à l’intention de prière missionnaire qui est « pour que Marie, Reine du monde et Etoile de l'évangélisation, accompagne tous les missionnaires dans l'annonce de son Fils Jésus ».

« Oserons-nous laisser Marie nous entraîner dans la mission ? », interroge le P. Fornos dans cette réflexion :

Parler de la Vierge Marie est heureux pour beaucoup, mais cela peut en agacer d’autres. Marie ne laisse pas indifférentes ni la sensibilité, ni la piété des uns et des autres. Car s’il a pu y avoir des excès cachant, sous le visage de la Mère de Dieu les traits d’une déesse-mère, Marie tient une place unique dans l’intelligence de la foi et la prière de l’Eglise. L’invitation du Pape Benoît XVI, ce mois de mai, pourrait être une occasion pour nous, de nous laisser entraîner par elle, autrement…

---

Qui est-elle cette femme de Nazareth au sujet de laquelle les Evangiles parlent si discrètement ? Au cours de l’histoire, les projections culturelles en ont fait une image qui peut parfois sembler inaccessible, « un idéal féminin de passivité, d’effacement, de silence, de modestie, d’obéissance et de résignation » (1). Je garde ces mots d’une amie : « Moi, j’aimerais entendre parler d’une Marie qui n’est pas celle que l’on dit, dans sa robe bleu ciel. Mais une femme un peu comme les folles de la place de Mai, en Argentine, qui tournaient pour réclamer leur fils. Elle n’a pu être qu’une femme forte pour rester, seule, avec ce fou de fils qui bravait tout le monde, quand son père n’était plus. Et jusqu’au pied de la croix. »

C’est vrai, Marie est aussi une femme comme tant d’autres femmes. Et en même temps, elle est mère de Jésus-Christ reconnu par les chrétiens comme Seigneur, Fils de Dieu et Sauveur du monde. Elle a donc une place unique « dans le mystère du Christ et de l’Eglise », il ne peut en être autrement. Karl Barth, théologien protestant, disait de Marie : « Il y a ici plus qu’Abraham, plus que Moïse, plus que David et plus que Jean-Baptiste, plus que Paul et plus que toute l’Eglise chrétienne ; il s’agit ici de l’histoire de la Mère du Seigneur, de la Mère de Dieu lui-même. C’est un événement unique, sans analogie » (2).

On comprend qu’un tel mystère pour une fille d’Israël, la « servante du Seigneur » (Lc 1,38), ait pu conduire à une inflation mariale. Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus le disait si bien : « il ne faudrait pas dire des choses invraisemblables ou qu’on ne sait pas. (…) Pour qu’un sermon sur la Sainte Vierge me plaise et me fasse du bien, il faut que je voie sa vie réelle, pas sa vie supposée ; et je suis sûre que sa vie réelle devait être toute simple. On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable, faire ressortir ses vertus, dire qu’elle vivait de la foi comme nous, en donner des preuves par l’Evangile, où nous lisons : ‘Ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait’ (…) On sait bien que la Sainte Vierge est la Reine du ciel et de la terre, mais elle est plus Mère que Reine, et il ne faut pas dire à cause de ses prérogatives qu’elle éclipse la gloire de tous les saints, comme le soleil à son lever fait disparaître les étoiles. Mon Dieu ! Que cela est étrange ! » (3)

Le concile Vatican II, a resitué la Vierge Marie dans l’Eglise et dans un juste rapport au Christ (Lumen gentium ch. VIII). Les sanctuaires marials ont beaucoup fait en ce sens. Marie conduit à Jésus. Pour ma part, bien qu’ayant découvert les Evangiles avec les Assemblées de Dieu Pentecôtistes, je me suis toujours senti proche de Marie et le chapelet a été très tôt ma prière naturelle. Lorsque j’ai du mal à prier, cette litanie et contemplation toute simple, avec Marie, m’aide à me rendre proche de Jésus. Qui mieux qu’une mère, en effet, peut nous aider à connaître intérieurement son Fils, nous montrer son vrai visage, et nous rendre proches de lui ? Marie, depuis la Pentecôte, où elle « présida par la prière au début de l’évangélisation sous l’action de l’Esprit Saint » (Paul VI), a toujours accompagné tous ceux qui ont pour mission d’annoncer la Bonne Nouvelle de son Fils. Il nous reste, chacun, là où nous en sommes de notre relation à Marie, à découvrir comment elle nous accompagne et nous conduit au Christ.  

Père Frédéric Fornos, jésuite

(1)               Bernard Sesboüé sj « Marie, ce que dit la foi », Bayard 2004

(2)               K. Barth, « Quatre études bibliques », in Foi et vie, 1936, n° 85-86, p. 487

(3)                J’entre dans la vie. Derniers entretiens, Cerf/DDB, 1973, p. 140-141

Voir aussi : Groupe des Dombes, Marie dans le dessein de Dieu et la communion des saints , Bayard Editions, 1999 - Œcuménisme.

Pour aller plus loin le site francophone, PRIER AU CŒUR DU MONDE, www.apostolat-priere.org – (magazine internet gratuit) – donne chair aux intentions de prière.