Ouganda : Fides salue le cessez-le-feu entre le gouvernement et la guérilla

Sant’Egidio participe à la médiation

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ROME, Mardi 29 août 2006 (ZENIT.org) – L’agence vaticane Fides salue l’accord pour un cessez-le-feu survenu entre le gouvernement et la guérilla : « un pas concret pour la paix, mais il faut encore des efforts pour atteindre le résultat définitif ». La communauté de Sant’Egidio a participé à la médiation.



« C’est une espérance concrète de paix, même s’il faut être prudent car la voie de l’accord définitif semble encore très longue » affirme à l’Agence Fides une source de l’Eglise locale de Kampala, capitale de l’Ouganda, après les récents accords entre le gouvernement ougandais et l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA).

Le 26 août, le gouvernement ougandais et les rebelles de l’Armée de Résistance du Seigneur ont signé à Juba, capitale du Sud Soudan, un accord de cessez-le-feu. La suspension des hostilités a été signée par le Ministre ougandais de l’Intérieur, Ruhakana Rugunda, et par le chef de la délégation du LRA, Martin Ojur.

L’accord prévoit la cessation des hostilités le 29 août et le regroupement des rebelles d’ici trois semaines en deux lieux protégés du Sud Soudan sous la télésurveillance de l’armée Sud Soudanaise.

L’accord sera soumis à la vérification d’une commission mixte avec deux représentants de chacune des parties, deux de l’Union Africaine et un de l’armée du Sud Soudan. La commission en réfèrera à l’équipe de médiation menée par le vice-président sud-soudanais Riek Machar, dont fait partie aussi la communauté de Sant’Egidio.

En ce moment les miliciens de la LRA se trouvent répartis en deux groupes : l’un au nord de l’Ouganda, l’autre dans la partie septentrionale de la République Démocratique du Congo, à la frontière avec le Soudan.

Les négociations de paix avaient commencé le 14 juillet dernier et ont subi une accélération imprévue mi-août. « Différents facteurs ont contribué à rendre possible ce premier accord » affirment les sources de Fides. « En premier lieu, il y a eu l’installation du gouvernement de la région autonome du Sud méridional, où les rebelles ougandais ont leurs bases depuis des années. Les exécutifs de l’Ouganda et du Sud Soudan ont d’excellents rapports et le gouvernement de Juba a fait pression sur la LRA pour qu’il s’asseye à la table des négociations, et en même temps s’est proposé comme médiateur. En second lieu la communauté internationale a accentué ses efforts sur le gouvernement de Kampala et sur la guérilla pour parvenir à la paix au Nord Ouganda. Comme troisième élément, enfin, les dirigeants du LRA sont recherchés par le Tribunal Pénal International pour les crimes commis contre la population civile pendant les 20 années de guerre. Les leaders de la guérilla cherchent maintenant à négocier une voie de sortie en troquant la paix contre l’immunité. Il est clair que c’est l’un des points les plus controversés pour parvenir à la paix définitive. Il faut donc de la prudence et continuer à soutenir, par la paix, les efforts de paix».

La communauté de Sant’Egidio qui participe à la médiation, dans un communiqué envoyé à l’Agence Fides, définit les accords du 26 août comme « un pas en avant significatif vers un accord de paix final, obtenu grâce au travail réalisé depuis deux mois par le Juba Talk Peace, la Communauté Sant’Egidio et le GOSS (gouvernement du Sud Soudan) ».

Le conflit, qui depuis une vingtaine d’année frappe le nord de l’Ouganda et la partie méridionale du Soudan, a provoqué plus d’un million et demi de réfugiés et des dizaines de milliers de victimes parmi la population civile.