« Oui » anglais aux embryons hybrides : « horreur » morale pour Mgr Sgreccia

Réaction du président de l’Académie pontificale pour la Vie

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ROME, Jeudi 22 mai 2008 (ZENIT.org) - Pour Mgr Sgreccia, la création d'embryons hybrides désormais autorisée en Angleterre constitue une « monstruosité ».

Interrogé le 20 mai par Radio Vatican, le président de l'Académie pontificale pour la Vie, Mgr Elio Sgreccia, a réagi au vote du Parlement anglais autorisant cette pratique.

La technique consiste à transférer des noyaux de cellules humains dans des ovocytes d'animaux dont on a auparavant extrait l'ADN, en vue de la fabrication encore hypothétique de cellules souches embryonnaires pour la recherche.

« Nous devons faire observer, disait Mgr Sgreccia, deux gravités de type éthique, qui manifestent l'un des niveaux les plus bas d'éthique dans le domaine de la bioéthique. Avant tout, on unit par clonage le noyau humain qui féconde un ovule animal. Cette union est un fait de fécondation, une tentative de génération faite à travers l'élément masculin qui est le noyau et l'élément féminin qu'est l'ovule, l'un est humain, l'autre animal. Cela offense la dignité de l'homme : c'est une tentative de procréation inter-espèces, jusqu'ici interdite par toutes les lois sur la procréation artificielle. L'union homme-animal, même si elle n'est pas sexuelle, représente l'une des horreurs qui ont toujours suscité le refus de la moralité ».

La destruction de ces embryons est prévue par la loi au bout de 14 jours, mais Mgr Sgreccia commente : « Si on laissait ces embryons grandir, nous pourrions enregistrer des monstruosités et des maladies. Chaque fois que l'on a rompu la barrière homme-animal, on a vu des conséquences très grave, même involontairement. Et puis ces embryons sont supprimés pour faire des cellules souches, dans la fausse présupposition que jusqu'au 15e jour ces embryons ne valent rien, ce qui est faux du point de vue scientifique, puisque le patrimoine est à 99 % humain ».

Pour ce qui est de l'éventualité de leur non-suppression, Mgr sgreccia disait : « Si l'on décidait de les maintenir en vie, cela pourrait donner lieu à une monstruosité ou répandre des infections, parce que le passage de l'ADN humain à l'ADN animal peut créer des inconnues ».

Mgr Sgreccia soulignait aussi que l'hypothèse de guérir ainsi des maladies n'est pas fondée : « Je voudrais aussi dire, ajoutait-il, que du point de vue scientifique, le fait que de ces cellules souches on tire des médicaments pour guérir des maladies comme les maladies de Parkinson ou d'Alzheimer, est une hypothèse sans fondement. Par une autre voie, celle des cellules souches adultes, on a de meilleures preuves scientifiques favorables ».

La loi a été soutenue par le Premier ministre Gordon Brown, dont un enfant est affecté d'une grave maladie génétique, et le leader de l'opposition conservatrice aussi a invoqué son intérêt personnel, a rappelé Mgr Sgreccia, qui insiste sur le fait que « des recherches plus prometteuses utilisent d'autres voies » (cf. ci-dessous, article sur les cellules souches de cordon ombilical, et le dossier de « Gènéthique ».

C'est pourquoi Mgr Sgreccia a dénoncé un « mensonge médiatique » qui a été répandu « sans aucun support scientifique ».

Il souhaite ce qu'il appelle « une espèce de conversion des mass media qui, plus qu'obéir à des ordres d'écuries ou de groupes d'intérêt, obéissent à la vérité afin de ne pas créer, au nom de la compassion humaine, des illusions, sur des voies qui n'ont conduit encore à aucun résultat ».

Pour sa part, le cardinal Keith O'Brien, archevêque de Saint-Andrews et Edinbourg, a qualifié la décision britannique « d'attaque monstrueuse aux droits humains, à la dignité de la personne et de la vie ».

Anita S. Bourdin