Ouverture de la 35ème Congrégation générale des jésuites

Elle doit élire le successeur du père Peter-Hans Kolvenbach

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ROME, Mardi 8 janvier 2008 (ZENIT.org) - La Compagnie de Jésus a ouvert sa 35ème Congrégation générale par une messe présidée, à Rome, par le cardinal Franc Rodé, préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique.

Une Congrégation générale est convoquée pour l'élection du supérieur général et, quand les circonstances l'exigent, à l'initiative du supérieur général, pour traiter d'affaires importantes. Elle définit périodiquement les grandes orientations de la Compagnie de Jésus.

C'est la seconde fois dans l'histoire de la Compagnie qu'une Congrégation générale se réunit pour élire un nouveau préposé général du vivant de son prédécesseur ( la première fois, ce fut en 1983, quand la 33ème Congrégation générale accepta la renonciation du père Pedro Arrupe, empêché par une infirmité imprévue et grave), a rappelé le cardinal Rodé durant l'homélie de la messe, rendue publique par le Bureau de presse de la Compagnie.

Ainsi, a poursuivi le cardinal slovène, la présente Congrégation générale devra faire « le discernement sur l'acceptation de la renonciation présentée par l'actuel préposé général, le père Peter-Hans Kolvenbach (qui fêtera cette année ses 80 ans), et ensuite élire son successeur.

Le cardinal Rodé, dans son homélie, a exhorté les Jésuites à « se mettre à l'écoute de l'Esprit créateur qui renouvelle le monde » et à « revenir aux sources » pour conserver leur identité sans perdre leur style de vie.

La Compagnie de Jésus compte aujourd'hui près de 20.000 membres à travers le monde. Parmi les délégués, 217 ont droit de vote (leur moyenne d'âge est de 56,19 ans). Le père Kolvenbach, qui dirige la Compagnie depuis près de 25 ans, a décidé spontanément de présenter sa démission au pape qui l'a acceptée.

Durant la messe, célébrée dans l'Eglise du Jésus, à Rome, le cardinal Rodé a invité les membres de la compagnie à renforcer leur action qui « doit être éminemment apostolique, avec une ampleur universelle tant au plan humain, ecclésial, évangélique ».

« Votre agir, a-t-il poursuivi, doit être toujours accompli à la lumière de votre charisme, de sorte que la participation croissante des laïcs à vos activités n'obscurcisse pas votre identité, mais au contraire l'enrichisse avec la collaboration de ceux qui, provenant d'autres cultures, partagent votre style et vos objectifs »

Mais « avec tristesse et inquiétude » le cardinal Rodé constate « un éloignement croissant de la Hiérarchie », une séparation, rappelle-t-il que « la spiritualité ignacienne de service apostolique sous le Souverain Pontife n'accepte pas ».

« Servir dans la Compagnie signifie servir sous l'étendard de la Croix », a-t-il rappelé aux jésuites, après les avoir invité à montrer leur volonté et leur engagement à être fidèles au charisme que saint Ignace de Loyola leur a laissé en héritage et à l'actualiser pour répondre au mieux aux nécessités de l'Eglise de notre temps.

Puis le cardinal Rodé est passé aux besoins nouveaux et urgents que l'Eglise est appelée à affronter, mentionnant en particulier celui qui consiste à « présenter aux fidèles et au monde l'authentique vérité révélée dans l'Ecriture et la Tradition ».

« La diversité doctrinale de ceux qui, à tous les niveaux, par vocation et mission, sont appelés à annoncer le Royaume de vérité et d'amour, désoriente les fidèles et les conduit vers un relativisme sans horizon », a-t-il mis en garde. Et le préfet de rappeler que « la vérité est une, même si elle peut être connue plus profondément » et que « le garant de la vérité révélée est le Magistère vivant de l'Eglise dont l'autorité s'exerce au nom de Jésus Christ ».

« Les exégètes et les experts en théologie doivent s'appliquer à collaborer pour approfondir et expliquer, sous la vigilance du Magistère, les richesses que cette vérité révélée contient ».

Le cardinal Rodé a alors mis l'accent sur la longue et solide formation des jésuites qui, par leurs centres de recherche, par leur enseignement dans les domaines philosophique, théologique et biblique, se trouvent dans « une situation privilégiée pour la réalisation de cette difficile mission ».

« Réalisez-la par l'étude et l'approfondissement, réalisez la avec humilité, réalisez la avec foi dans l'Eglise, réalisez la avec l'amour pour l'Eglise », a-t-il exhorté.

La cérémonie s'est achevée par la vénération de la dépouille de Saint Ignace de Loyola, conservée sous l'autel droit de l'Eglise du Jésus. Une lampe a été allumée. Elle le restera jusqu'à la fin de la Congrégation. Ce geste sera répété dans les églises des Jésuites dans le monde entier, en signe de prière permanente durant les travaux la congrégation.

Dimanche après-midi, après l'ouverture officielle des travaux, a eu lieu dans les bureaux de la Curie généralice la première séance à huis clos consacrée à la rédaction du rapport sur la situation générale de la Compagnie de Jésus dans le monde.

Miriam Díez y Bosch/Isabelle Cousturié