Pakistan : Mgr Shaw évoque le sort d'Asia Bibi

L'Eglise catholique, « un phare de la foi » pour la société

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Hélène Ginabat

ROME, mardi 16 octobre 2012 (ZENIT.org) – Le sort d’Asia Bibi a été évoqué par Mgr Shaw lors des débats du synode, et il souligne que l'Eglise catholique est « un phare de la foi » pour la société, au Pakistan.

Mgr Sebastian Francis Shaw, o.f.m., administrateur apostolique de Lahore,  est intervenu au cours de la 11ème congrégation générale du synode, lundi 15 octobre, au matin.

Il a tenu à remercier « le Saint-Père et les nombreuses autres Eglises », ainsi que les chefs d’Etat qui sont « intervenus pour sauver la vie d’Asia Bibi », une jeune mère de famille chrétienne, victime de fausses accusations de blasphème et en prison depuis plus de trois ans.

L’évêque franciscain a rappelé que le Pakistan est « un pays à majorité musulmane » avec une loi sur le blasphème : sur 180 millions d’habitants, 2% seulement sont chrétiens.

Se faisant le porte-parole d’un pays où l’on souffre, Mgr Shaw a demandé « humblement » à l’assemblée de prier « pour le petit troupeau du Christ du Pakistan » afin qu’il reste fidèle à sa mission d’être « un phare de la foi pour les personnes et pour la société ».

Construire une société harmonieuse

« En dépit des défis religieux fondamentalistes » auxquels est confrontée la foi catholique, l’Eglise est engagée dans le dialogue interreligieux avec « des intellectuels islamiques, des représentants de la société civile ou d’autres minorités religieuses ».

« Nous les invitons, a expliqué Mgr Shaw, à « s’efforcer de construire une société harmonieuse dans laquelle tous les Pakistanais pourront vivre les valeurs religieuses communes que nous professons ». Ces valeurs sont « la justice, la paix, le respect de l’environnement, une bonne gouvernance, l’amour et l’intérêt mutuels ».

Pour l’évêque pakistanais, la nouvelle évangélisation nécessite « un sens des relations humaines qui soit sain, comme elles l’étaient avec Jésus ». Malheureusement, déplore-t-il, une mentalité « consumériste » prévaut aujourd’hui dans nos relations familiales, en paroisse ou au travail.

Eduquer et former les chrétiens

Cependant, l’Eglise du Pakistan espère « être affermie » et trouver, à travers la nouvelle évangélisation, « l’enthousiasme pour accepter les réalités actuelles et pour trouver des moyens concrets de vivre l’évangile du Christ aujourd’hui ». C’est dans cette optique que la Conférence des évêques du Pakistan a décidé de faire traduire le Catéchisme de l’Eglise catholique en Urdu, la langue nationale, afin de rendre accessibles aux fidèles les fondements de la foi chrétienne.

Etant donné la situation géographique du pays, l’Eglise ne peut pas, fait observer l’évêque « attendre de l’aide de ses voisins » - Afghanistan, Inde, Iran, Chine - pour mettre en œuvre ses programmes catéchétiques.