Pakistan : pour le ré-examen des inculpations pour blasphème

Appel du Congrès chrétien pakistanais

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ROME, jeudi 13 septembre 2012 (ZENIT.org) –  A la veille de la reprise du procès de Rimsha Masih, le Congrès chrétien pakistanais (Pakistan Christian Congress, PCC) a demandé « la réouverture des dossiers de tous les chrétiens, ahmadis et musulmans qui ont été inculpés ou condamnés au titre de la loi sur le blasphème, annonce « Eglises d’Asie », l’agence des Missions étrangères de Paris (EDA).

« Le 9 septembre dernier à Islamabad, Nazir S. Bhatti, président du PCC, a déclaré que l’affaire Rimsha Masih avait mis en évidence le fait que les plaintes déposées au nom de la loi anti-blasphème pouvaient cacher des règlements de compte personnels ou manipulations financières n’ayant rien à voir avec la religion », explique EDA.

« La justice pakistanaise se doit donc de rouvrir les dossiers des personnes qui ont été condamnés au titre des articles 295 B et C du Code pénal, punissant de mort toute offense à Mahomet et de la prison à vie toute profanation du Coran », précise l’agence qui ajoute : « Nazir Bhatti a adressé son appel au président de la République Asif Ali Zardari et au Premier ministre Raja Parvez Ashraf ».

Le président du PCC a déclaré que ni lui ni son parti n’oubliait pas « Asia Bibi, qui croupit toujours en prison dans l’attente de son procès en appel après la condamnation à mort dont elle a fait l’objet en première instance en 2010. Quelle que soit leur religion, des dizaines de Pakistanais ont été victimes de cette loi, a-t-il poursuivi, qu’ils soient derrière les barreaux, ou qu’ils aient été qu’ils assassinés en-dehors des tribunaux par des fanatiques ». Il a déploré le fait qu’il y a quelques jours encore, « le 7 septembre dernier, un tribunal de Lahore a refusé la remise en liberté sous caution d’un chrétien, Sajjad Masih, inculpé lui aussi pour blasphème ».

Nazir Bhatti a également salué l’action de « la communauté internationale, du Conseil des oulémas du Pakistan, des militants des droits de l’homme et des services secrets pakistanais » qui a permis la remise en liberté sous caution de Rimsha Masih, décidée par un juge de Rawalpindi le 7 septembre dernier.

Quant aux services secrets pakistanais, le PCC a laissé entendre que c’était « grâce à leur enquête sur le terrain qu’avait pu être établie l’implication de l’imam de la mosquée du quartier où vivait Rimsha dans la fabrication de fausses preuves visant à incriminer la fillette chrétienne ».

Pour en savoir plus :

http://eglasie.mepasie.org/asie-du-sud/pakistan/le-pakistan-christian-congress-pcc-demande-la-reouverture-de-tous-les-dossiers-d2019inculpation-pour-blaspheme