Pakistan : Rimsha examinée par une commission médicale

Un espoir pour l'horizon judiciaire de la fillette

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ROME, jeudi 30 août 2012 (ZENIT.org) – Reconnue comme mineure par une commission médicale, la fillette chrétienne inculpée de profanation du Coran pourrait voir son horizon judiciaire s’éclaircir, rapporte « Eglises d’Asie » (EDA), l’agence des Missions étrangères de Paris, dans une dépêche du 29 août 2012.

Rimsha Masih, la fillette chrétienne incarcérée le 16 août 2012 pour profanation du Coran (cf. Zenit du 21 août 2012) a été examinée par une commission médicale, le 28 août, à la demande du président pakistanais Asif Ali Zardari.

La commission a estimé l’âge de Rimsha Masih à « environ 14 ans ». En revanche, la commission ne s’est pas prononcée sur une éventuelle trisomie 21 dont serait atteinte la fillette, même si elle a défini le niveau mental de l’enfant comme « inférieur à celui des enfants de son âge ».

Cet avis médical « éloigne la perspective d’un jugement au pénal, où la fillette encourait une peine de prison à vie, sans pour autant lui garantir une prochaine remise en liberté », analyse EDA.

En effet, explique l’agence, les enfants de moins de 15 ans ne peuvent être déférés que devant une juridiction pour mineurs mais leurs actes peuvent être qualifiés de délits s’ils ont plus de 12 ans. En outre, la déficience mentale de Rimsha Masih ouvre la « possibilité d’un non-lieu pour irresponsabilité du fait de sa déficience mentale », ajoute EDA.

L’agence indique que l’avocat de la fillette, Tahir Naveed Chaudhry, a déclaré qu’il était confiant et que, le 30 août, lors de la présentation de Rimsha Masih devant un juge, il obtiendrait sans doute sa remise en liberté sous caution.

Le cas de Rimsha Masih soulève une « vive agitation » au Pakistan et au sein de la communauté internationale, note EDA : le Conseil des relations américano-islamiques à Washington a demandé sa libération et sa protection, Amnesty International dénonce la gravité de « l’érosion de l’Etat de droit », tandis que la France a appelé Islamabad à respecter ses engagements internationaux, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ratifié en 2010.

La Conférence des évêques de France a également appelé à la « mobilisation » (cf. Zenit du 28 août 2012)

A Mehrabad, le quartier d’Islamabad où était installée la famille de Rimsha Masih, un calme précaire est revenu, constate EDA. Mais les centaines de familles chrétiennes qui avaient fui n’ont pas regagné leur domicile. Les parents, frères et sœurs de Rimsha Masih ont été placés en un lieu sûr, tenu secret.