Pakistan : une Eglise qui a besoin de la solidarité des autres

Témoignage du card. Filoni

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 329 clics

L'Église du Pakistan « a besoin de sentir la solidarité, de sentir l’affection, de sentir le soutien dans la prière de la part de toutes les autres Églises du monde, de ne pas se sentir seule », déclare le cardinal Filoni. 

Le cardinal Fernando Filoni, préfet de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, est de retour du Pakistan où il a présidé l’ordination épiscopale de l’évêque de Faisalabad, Mgr Joseph Arshad (cf. Zenit du 31 octobre 2013).

Au micro de Radio Vatican, le cardinal confie avoir trouvé « une Église extrêmement engagée dans ce qu’elle fait, non seulement du point de vue religieux, c’est-à-dire dans son effort pour approfondir ad intra le dynamisme de sa foi, son dynamisme pastoral, le dynamisme de son engagement dans les différents services sociaux et éducatifs, mais aussi ad extra, à travers ses évêques, la Conférence épiscopale, et aussi à travers les prêtres, dans leur contact quotidien avec les réalités du pays, et plus particulièrement avec les réalités islamiques et religieuses ».

« L’Église au Pakistan est minoritaire par rapport à la grande population de ce pays, rappelle-t-il, mais c’est une minorité très significative. C'est une Église très active, très vivante ». Sur une population avoisinant les 185 millions, seuls 0,7% sont catholiques et plus de 96% sont musulmans.

Le cardinal note « une bonne entente avec les Églises chrétiennes locales, sur le plan de l’aide fraternelle pour affronter les problèmes liés à la coexistence entre christianisme et islam ». Les protestants (1,2%) sont les plus nombreux parmi la minorité chrétienne (2,2%).

Pour le cardinal, « le pays vit la menace d'un extrémisme islamique... dans le passé, la coexistence a connu des difficultés, mais certainement pas à ce niveau. C’est donc vécu globalement comme un traumatisme ».

Mais même si « les chrétiens vivent les attaques dans leur propre chair », ils n'ont « pas l’intention de fuir, de s’en aller, mais plutôt d’être attentifs et de donner un témoignage dans ce pays où la Providence a placé nos chrétiens », souligne le cardinal, qui estime que « les autorités aussi, au-delà de tout aspect d’ordre politique, en sont conscientes ».

« C’est donc une Église qui a besoin de sentir la solidarité, de sentir l’affection, de sentir le soutien dans la prière de la part de toutes les autres Églises du monde, de ne pas se sentir seule », ajoute-t-il.

Les catholiques pakistanais « ont manifesté une grande affection pour le Saint-Père, dont j’apportais la bénédiction ; ils m’ont demandé de lui transmettre, en retour, leur affection et l’assurance de leur prière », indique aussi le cardinal.

Sur le plan social et éducatif, l’Église joue « un rôle très apprécié, depuis toujours », poursuit-il : ainsi les 560 écoles chrétiennes « ne sont pas des écoles pour les chrétiens, mais où les chrétiens sont présents. Ils étudient aux côtés de camarades, d’amis islamiques, qui sont la majorité dans les écoles ; ce sont leurs familles qui demandent que leurs enfants y vivent, qu’ils soient élevés ensemble, qu’ils soient ensemble, qu’ils apprennent ensemble des valeurs, des manières d’agir, de se connaître, bien sûr selon des expressions religieuses différentes ».

L'Eglise dirige également 130 instituts de bienfaisance : « la Caritas fait un très bon travail et elle a été très appréciée pour son action récente lors du tremblement de terre, dans un lieu où il n’y a aucune présence chrétienne : il est clair que c’était donc entièrement au profit d’une population non chrétienne ».

Avec Hélène Ginabat pour la traduction