Papa, maman, enfant : un fantasme ?

Par Mgr Tony Anatrella

Rome, (Zenit.org) Anne Kurian | 1029 clics

« La famille est-elle un “fantasme” ? » : c’est le titre de la tribune de Monseigneur Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, Consulteur du Conseil pontifical pour la famille et du Conseil pontifical pour la santé, dans l’édition de Valeurs actuelles du 9 mai 2013.

Il répond à des assertions de Dominique Bertinotti, ministre déléguée chargée de la Famille et de la sénatrice Michelle Meunier, selon lesquelles la loi du « mariage pour tous », promulguée le 18 mai en France, « sort la famille du fantasme “une maman, un papa et un enfant”».

Pour Mgr Anatrella, « c’est la négation de la différenciation sexuelle qui est une chimère, pas la famille composée d’un homme et d’une femme ».

Au sens psychanalytique, explique-t-il, « un “fantasme” est l’expression d’un désir impossible et donc irréalisable, et le symptôme d’une autre scène inavouable et souvent transgressive. Or, il faut bien un homme et une femme et leur union la plus intime pour qu’au coeur de leur corps respectif et dans le meilleur des cas du corps conjugal, se conçoive une union et naisse un enfant. »

Au contraire, ajoute-t-il, « le vrai fantasme » est « dans la relation de similitude et de miroir entre deux personnes de même sexe », où « se développe l’idée que chaque sexe pourrait se suffire à lui-même en réactivant le fantasme primaire de toute-puissance de l’autoengendrement. “Je me fais tout seul” ou encore “je produis un enfant en solitaire”. C’est le summum du narcissisme qui ne crée ni une relation d’altérité, ni un couple générationnel, mais qui transgresse la différence sexuelle ! »

« Il est difficile d’attribuer à un duo de personnes de même sexe les mêmes caractéristiques qu’à un couple formé par un homme et une femme alors que psychologiquement, socialement et symboliquement, ils ne les possèdent pas », fait observer Mgr Anatrella, invitant à ne pas confondre « l’égalité en dignité de la personne avec l’égalité des situations ».

« Lorsqu’une société perd le sens de la différence sexuelle, elle perd le sens de la vérité des réalités. Nous y sommes quand on invente des droits incohérents. », écrit-il également.

« On nous affirme que “marier” les personnes de même sexe ne retire rien aux autres citoyens mais que le législateur donne de “nouveaux droits”. En fait, cela change tout puisque le code civil est modifié pour redéfinir le mariage et la filiation à partir des fantasmes de l’unisexualité et de l’autoengendrement en supprimant les termes qui renvoient à la différence sexuelle ! Une transgression majeure et délétère qui suscite déjà de nombreux ressentiments. La politique, c’est aussi savoir ne pas prendre des symboles pour des fantasmes », conclut-il.